Le sommeil a atteint les ruisseaux
Seul, un émoi discret grève l'orage
Le sommeil a atteint les ruisseaux
La terre brûle en amont
Ta main cherche la cendre
Elle noue la fumée
Mais la gerbe est frivole
Les graines de brume fleurissent tard
Lorsque les poussières sommeillent
En ta garenne rêvée et ses friches agrestes
A l’établi s’exsude la résine
L’âpre bourgeon du matin
Silencieux sous l’écorce
Un sang trop jeune encore
Pour vivre d’ombres
Sur ses labours d’automne
Le grain vert nuit à la meule
Les reins se brisent
A boulanger une avoine si pauvre
Mais ton regard est là
Qui se lie à mes prairies
A choisir la tourbe aveugle
et les meules de vent
le limon inquiet s’est ajourné
Il reste des abris où la marée se cache
Mais comment discerner la vague
Dans l’invisible bruissement
Qui ramène à la rive
Au large des mots, l’esquif s’affûte
longues rames, suaire au vent
L’oreille souffre et se tend
vers la première brise qui s’éteint
Loin du fruit promis de la terre
L'herbe est sans hâte
malgré le souffle sec
elle est sûre de la pluie
Elle a le puits patient
qui se creuse de ce qui le remplit
cette faille lui donne instruction
les voix avides se pressent
et d'éclairer l'obscur s'achèvent
dans l'exercice de la braise