C’est un soleil
navré qui file sous ma peau, absorbé, aspiré, plié sous le derme tiède où
respirent encore les vieux sillons de l’enfance, une promenade sous un
printemps zélé, bruissant d’un renouvellement éternel. On s’accorde parfois
l’amitié des fantômes, un égarement qui se dresse devant soi et dont les
cendres ne chantent pas loin, juste sous nos derniers pas
Les jours ont pris
soin des vents lorsque chargés de pluies et d’orages, des images dansaient,
s’épousaient et mouraient, emportées par les nuages qui suspendent le ciel. J’ai
beau suivre sa lumière, j’ai beau creuser son éclat pour espérer y germer enfin,
c’est une ombre drue qui s’agite et érode les ornières où boivent mes chiens.
Cette attente
patiente des égarés lorsque le temps devient plus étroit et le filet plus
large.
Quand de la
mer, on ne goûte plus que le sel.