vendredi 14 janvier 2022

Aguets (2)

A soi

 

la faille distante

le gouffre épais

 

Privées de creux

les sources se taisent

les vents ont beau faire

 

le souffle a couché

sa langue enflée

sur une ligne close

 

L’empire du glas

masque l’éclaircie

ce qui moutonne

au point de suture

 

l’échancrure libère

l’entaille assouplit

le noeud des choses

 

Devant toi

la distinction opère

la mise à jour du continu

 

Compte les heures,

les vivantes et les autres


 


 


jeudi 13 janvier 2022

Aguets (1)

De ces lumineux envols

qu’avons-nous saisi

et aux fontaines brûlantes

quelles lames filaient sous l’été


Ces jours-là

l’éclat avait des façons sans ombres

 

mais la mer évitait les regards

le silence se faisait reflux

et sous le tain des vagues,

l’écume  limoneuse et sèche

 

Au milieu des paysages

la trahison déjà coulait du ciel

crue dans sa fidélité de pluie


mardi 11 janvier 2022

Recommencer (5)

 

Encore un jour sans germe,

affleurent les ferments

aux pâturages ombreux

 

affleurent les abîmes

accomplissant la terre

entre des mains ingrates

 

A l’heure sans linceul

la pierre qui se cèle

même à la dérobée

dimanche 9 janvier 2022

Recommencer (4)

La trame est abrupte

où la maille fleurit

 

Par le sec,

l’ardent, le vif

 

Sur ce lé bref,

l’élémentaire

 

Les baux jetés,

flèches aveugles

 

La suture est de mots,

layon toisant la nuit


mercredi 5 janvier 2022

Recommencer (3)

A attendre

 

On le sait

un regard venu

de la cendre

 

Ce feu ancien

dont la mort

brûle encore

 

On pèse l’ombre

s’endigue sous

ce charbon froid

 

Du nid démâté

des voûtes, des arcs

des angles et des plis

 

 


mardi 4 janvier 2022

Recommencer (2)

L’inertie a ses bourrasques

ses foudres où s’étendre

le soupir audible

 

Le tremble bruisse

mais la feuille vibrante

a le limbe impassible

 

Je persiste

et du bout de la voix

la parole s’affale

 

ses voiles  gonflées de silence

 

Au dedans, la réticence à unir

cette réserve des fragments

ou des brumes dispersées

 

 


lundi 3 janvier 2022

Recommencer (1)

Est  vent véritable...

Sous l'arête du ciel...

 

Vent immobile

ce souffle  d’ignorance

qu’aux sentiers je dérobe

 

l’haleine où se brise la parole

 

La pierre abri de la pierre,

l’eau refuge de l’eau

le mot asile du mot

 

 

Dans ce qui occulte

le lieu sûr

de tout ce qui se dissimule

 

 



lundi 4 octobre 2021

Le soin des jours (4)

C’est un soleil navré qui file sous ma peau, absorbé, aspiré, plié sous le derme tiède où respirent encore les vieux sillons de l’enfance, une promenade sous un printemps zélé, bruissant d’un renouvellement éternel. On s’accorde parfois l’amitié des fantômes, un égarement qui se dresse devant soi et dont les cendres ne chantent pas loin, juste sous nos derniers pas

 

Les jours ont pris soin des vents lorsque chargés de pluies et d’orages, des images dansaient, s’épousaient et mouraient, emportées par les nuages qui suspendent le ciel. J’ai beau suivre sa lumière, j’ai beau creuser son éclat pour espérer y germer enfin, c’est une ombre drue qui s’agite et érode les ornières où boivent mes chiens.

 

Cette attente patiente des égarés lorsque le temps devient plus étroit et le filet plus large.

 

Quand de la mer, on ne goûte plus que le sel.

 


vendredi 1 octobre 2021

Le soin des jours (3)

 

A force


les rivières ont perdu la mémoire de l’eau.

Mais elles ont le temps : elles ne croient plus aux traces. Et la durée pour elles n’est même plus un souvenir. Elles coulent sans attendre, sous un vent aux avenirs absents.

 

Leur cours sans fatigue est immobile

Où l’herbe jette ses dernières ombres

Dans l’insolente clarté qui couvre même la nuit.

 

Il est impossible de fuir ce jardin

Seulement y mourir. 

 

Ce qui n’est pas assez encore.

 

lundi 13 septembre 2021

Le soin des jours (2)

 

Moins encore que vivre

 

Comme ce caillou sous l’aride

 

Mais vit-il seulement si peu 

Dans ce silence trop présent,

Dans cette légèreté trop pesante?

 

Poli des aubes,

Chaque seconde est une aurore

Une issue à chaque fois scellée

 

Un mur qui fleurit

 

Se clore en sa voix

Au milieu du vent sec