Dormez instants
Couvrez vos prunelles
Endormez vos foulées
Vagues sans la mer
Au devant du rivage
Être mots de chair
Et sources sanguines
Sois souffle
Nourri de sommeil
Dormez instants
Couvrez vos prunelles
Endormez vos foulées
Vagues sans la mer
Au devant du rivage
Être mots de chair
Et sources sanguines
Sois souffle
Nourri de sommeil
Aux avers...
L’effigie de sel
Se repait de l’écume sanglante
Voilier ardent s’inclinant
Sous les souverains du vent
Frégate effarée
Sous la fronde des orages
A l’hiver des songes
L’écueil oublié
Témoigne du rameau fertile
(Les gabiers ont perdu vue)
Grand voile couchée
Humiliée sous les mortes-eaux
Et les mats
Comme pierres levées
Offerts au poing fermé du ciel
Face aux turbans aveugles des nuages
Où se jettent les ancres
Les mots fouillent le front de l’azur
L’inscription des quêtes foraines
... Au loin
Hauturiers sous le vent...
Aux revers...
Mangeuses de fruits amers
Sorcières sous la peau
Chantent les murailles dissipées
Sous l’ombre des regards
Les paupières ouvertes sur la nuit
Où se cousent les déserts
Quand l’ombre s’allume des coraux
Les aubes plantent des oboles de lune
Dans les gouffres que taisent les eaux
...Aux amers envers des avers de mer...
Havres des mirages....
Aux ports ensablés,
Chimères intègres,
Songeries en haute Capitainerie
Aux Confins
S’ouvrent aussi
Hautes vagues sous la voile des mers
Les masques du bûcher
Flammes aux ténèbres jetées
Récifs de pleine mer`
Fendent seulement
L’eau qui passe
Sous l’arc de la nuit
A la porte des heures
Une voix d’ivresse résonne de ce qui s’efface
Ainsi demeure cette faim
Hantise qui exige
Lieux
Comme domiciles errants
Egarés sur l’étendu
Et le mètre affable
La sédition pullule silencieuse
Dans la réticence et la discrétion
Hôte sans abris
Qui rend l’innocence limpide
L’offrande ignorée de la lenteur
Obscurcir les secondes
Solitaire royauté
De la courbe et de l’arrondi
L’angle s’épuise dans la mesure
Là où l’araire fend le ciel
S’élancent les rémiges
Incise le grain de l’exil
Rompt l’hivernage
Des poussières
La minuscule exulte
Enfin au jour…
Glissent les rétines de l’abîme
Sur les pentes de l’infécond
Jusqu’aux jarres du monde
Où l’air éclot
Et l’ordinaire s’aveugle
Ainsi
Les plaies de la lumière
Sont terres d’exode
Pénitence des spectres
Fuir les éclats âpres
Les heures calcinées
Sous le bâillon des mots
Misère
Enfant de la limite
Lambeau d’éternité
Vogue vogue
Ombres véreuses
Sous la pèlerine des siècles
Misère
De la même vague
Au milieu des bordures
Habiles mais infidèles
Mille mains
Ne suffisent pas
A rejoindre le séjour
L’accueil et l’abandon
Misère aride
De planter, lasse..
Les nuages en sont témoins :
Obscurités lourdes de chair
Hommes de déserts
Coureurs de plaines
Aspirations aux levées
Innocence obligée aux gouffres
Mais toujours seuls
Dans la sagesse des lointains
Où notre mort s’achève
Nous naquîmes
Vierges à jamais
A l’énigme des soifs
En appeler aux lumières impures
Aux atteintes du clair et de l’obscur
Sous les arches effaçons les rives
De l’épi tangible
Meutes d’horizons
Emplies de lointains
L’éclair abonde
Sous le jour
Sois le confident de l’île
Guetteur voûté
Vigie agile
Offre aux clameurs d’azur
Les béances tacites du vent
Sur la paume de la terre
Aux heures étales
J’ai ouï le message
Hélé l’écho des coraux
Le chant des hautes plaines
Senti
L’indigence des appuis de givre
La misère des quais sans houle
L’envers des écumes
Dans un ciel affamé d’aurores venimeuses
Et la doublure cristalline des hivers
Dans la chaleur des foyers