lundi 8 mai 2023

Les Conf' (5)

Par dessus  les silences pâles

Sous un soleil contrefait

Triomphent la cendre et l’extinction

 

 

Mais il suffit de peu

Une plume sans gîte

Une encre asséchée

 

Pour briser d’autres graines

Plus brûlante qu’un feu au désert

 

 

 

Les morts de quoi nos mots sont faits


Les Conf' (4)

 

Ecoute...

L’écho étroit annonce les fleuves

 

Entend...

Ce qui aux horizons se trame sans toi

 

La chose muette

 

Cet impossible havre des houles blessées

 

 

 

Vole à l’écume

Ses tirades d’exil

 

Pétri l’oracle

Adossé aux flancs du ciel

Les Conf' (3)

Dormez instants

Couvrez vos prunelles

Endormez vos foulées

 

Vagues sans la mer

Au devant du rivage

Être mots de chair

Et sources sanguines

 

Sois souffle

Nourri de sommeil


dimanche 30 avril 2023

Les Confins : S’ouvrent aussi hautes vagues sous la voile des mers...(2)

Aux avers...

 

L’effigie de sel

Se repait de l’écume sanglante

Voilier ardent s’inclinant

Sous les souverains du vent

Frégate effarée

Sous la fronde des orages

 

A l’hiver des songes

L’écueil oublié

Témoigne du rameau fertile

(Les gabiers ont perdu vue)

 

Grand voile couchée

Humiliée sous les mortes-eaux

Et les mats

Comme pierres levées

Offerts au poing fermé du ciel

 

Face aux turbans aveugles des nuages

Où se jettent les ancres

Les mots fouillent le front de l’azur

L’inscription des quêtes foraines

 

... Au loin

Hauturiers sous le vent...

 

 

Aux revers...

 

Mangeuses de fruits amers

Sorcières sous la peau

Chantent les murailles dissipées

Sous l’ombre des regards

Les paupières ouvertes sur la nuit

Où se cousent les déserts

 

Quand l’ombre s’allume des coraux

Les aubes plantent des oboles de lune

Dans les gouffres que taisent les eaux

 

...Aux amers envers des avers de mer...


Les Confins : S’ouvrent aussi hautes vagues sous la voile des mers...(1)

 

Havres des mirages....

 

Aux ports ensablés,

Chimères intègres,

Songeries en haute Capitainerie


 

Aux Confins

S’ouvrent aussi

Hautes vagues sous la voile des mers

 

Les masques du bûcher

Flammes aux ténèbres jetées

 

Récifs de pleine mer`

Fendent seulement

L’eau qui passe

 

Sous l’arc de la nuit

A la porte des heures

Une voix d’ivresse résonne de ce qui s’efface


 


Les Confins : Aux digues...(20)

Ainsi demeure cette faim

Hantise qui exige

 

Lieux

Comme domiciles errants

Egarés sur l’étendu

Et le mètre affable

 

La sédition pullule silencieuse

Dans la réticence et la discrétion

 

Hôte sans abris

Qui rend l’innocence limpide

L’offrande ignorée de la lenteur

 

Obscurcir les secondes

Solitaire royauté

De la courbe et de l’arrondi

 

L’angle s’épuise dans la mesure

 

Là où l’araire fend le ciel

S’élancent les rémiges


Les Confins : Aux digues...(18)

Incise le grain de l’exil

Rompt l’hivernage

Des poussières

 

La minuscule exulte

Enfin au jour…

 

Glissent les rétines de l’abîme

Sur les pentes de l’infécond

Jusqu’aux jarres du monde

 

Où l’air éclot

Et l’ordinaire s’aveugle

 

Ainsi

Les plaies de la lumière

Sont terres d’exode

Pénitence des spectres

 

Fuir les éclats âpres

Les heures calcinées

 

Sous le bâillon des mots


Les Confins : Aux digues (19)

Misère

Enfant de la limite

Lambeau d’éternité

Vogue vogue

Ombres véreuses

Sous la pèlerine des siècles

 

Misère

De la même vague

Au milieu des bordures

Habiles mais infidèles

Mille mains

Ne suffisent pas

 

A rejoindre le séjour

L’accueil et l’abandon

 

Misère aride

De planter, lasse..


Les Confins : Aux digues...(17)

Les nuages en sont témoins :

 

Obscurités lourdes de chair

Hommes de déserts

Coureurs de plaines

 

Aspirations aux levées

Innocence obligée aux gouffres

 

Mais toujours seuls

Dans la sagesse des lointains

Où notre mort s’achève


Les Confins : Aux digues...(16)

 

Nous naquîmes

Vierges à jamais

 

A l’énigme des soifs

 

En appeler aux lumières impures

Aux atteintes du clair et de l’obscur

 

Sous les arches effaçons les rives

De l’épi tangible