lundi 16 novembre 2015

Chemins d'abîme (12)


Quelquefois nos yeux s'arriment aux rives
d'un fleuve fugitif
Nous nous entendons alors dans ce qui s'écoule
Et plus que percevoir
nous pénétrons
à travers les brumes
en un matin errant
aux fruits encore verts

Tendre la main, cependant
et tout se tait
Hors de portée
le fleuve se fige 
Ce qui s'écoule s'étend et se stabilise
L'eau est sable et s'éprend du vent
Les brumes titubent
dans une nuit qu'assombrit la nuit

A la minute même de cette impuissance, encore reste-il la médiocrité à faire et la compromission à être
Plus tard, encore,
on s'inquiétera de tant d'acharnement dans la profondeur


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