samedi 19 décembre 2015
Chemins d'abîme (16)
Au dessus de nous
Ce qui brille avec tant d'éclat
La nuit, les Morts
Nul astre que n'éclaire nul astre
Le noir et sa suie
En habit de marié
Epouse nos doigts enlacés
Les horizons sont des chromos
Accrochés entre des verrous
Sur un tamis d'oubli
Dehors on se salue
D'un geste de tombe
samedi 12 décembre 2015
Chemins d'abîme (15)
Vêtu
D'un manteau d'abîme
Des fonds
Une eau nue saille
Sous la langue
Une chrysalide d'ailleurs
Comme un sentier qui me prend.
vendredi 11 décembre 2015
Chemins d'abîme (14)
Langue sans rive
Parlerai-je encore
Dans cette langue sans rive
Des espaces creusés
Dans cette terre tardive ?
Promènerai-je encore
Des gerbes de fumée
Dans ces maigres vergers
Aux souffles embrumés ?
Mais qu'aimé-je donc
Sinon ces pâturages de misère
Et que sais-je des mers
Moi qui demeure sans rivage ?
Parlerai-je encore
Dans cette langue sans rive
Des espaces creusés
Dans cette terre tardive ?
Promènerai-je encore
Des gerbes de fumée
Dans ces maigres vergers
Aux souffles embrumés ?
Mais qu'aimé-je donc
Sinon ces pâturages de misère
Et que sais-je des mers
Moi qui demeure sans rivage ?
mercredi 9 décembre 2015
Chemins d'abîme(13)
Du soir, nous regardons le jour
Et passons le temps à commenter
Ce que déjà nous avions commenté
Quand le fruit vert enviait la maturité
Mais le jour est sans point d'orgue
Sans âge et sans ainesse
Rien ne s'explique alors que tout se donne
Même ce qui se retire ou se retient
Dans la clarté lisse des choses
Nous avons trop cru aux reliefs
Aux monts et aux bosses
Et donné figure à ce qui n'est pas
Il nous reste le soir et ce qui se décolore aux âges nocturnes.
lundi 16 novembre 2015
Chemins d'abîme (12)
Quelquefois nos yeux s'arriment aux rives
d'un fleuve fugitif
Nous nous entendons alors dans ce qui s'écoule
Et plus que percevoir
nous pénétrons
à travers les brumes
en un matin errant
aux fruits encore verts
Tendre la main, cependant
et tout se tait
Hors de portée
le fleuve se fige
Ce qui s'écoule s'étend et se stabilise
L'eau est sable et s'éprend du vent
Les brumes titubent
dans une nuit qu'assombrit la nuit
A la minute même de cette impuissance, encore reste-il la médiocrité à faire et la compromission à être
Plus tard, encore,
on s'inquiétera de tant d'acharnement dans la profondeur
samedi 14 novembre 2015
Chemins d'abîme (11)
Tout s'est refermé
En une coquille illisible
Une loge secrète
Parfois s'envolent
De petites braises nues
Où s'échauffent les instants
Mais jamais ne faire
Ce dernier geste
Pour sauver la nuit
De son silence
Il est des demeures clandestines
Sans recours et sans toit
Qui n'existent que pour s'éteindre
En une coquille illisible
Une loge secrète
Parfois s'envolent
De petites braises nues
Où s'échauffent les instants
Mais jamais ne faire
Ce dernier geste
Pour sauver la nuit
De son silence
Il est des demeures clandestines
Sans recours et sans toit
Qui n'existent que pour s'éteindre
vendredi 13 novembre 2015
Chemins d'abîme (10)
Passantes lueurs
Comme des brasillements fragiles :
Passages fugaces dans la nuit
Le verbe précaire
Bride un moment du transitoire
Hésite et trébuche
S'affole dans le périssable
Pâleurs extrêmes
Non de ce qui s'use
Seulement de ce qui se refuse
Etourdi le marcheur demeure et dure
Sur un sentier confus et aberrant
Il aimerait donner plus
Mais déjà tout s'écarte
Se dérobe et le fuit
Comme des brasillements fragiles :
Passages fugaces dans la nuit
Le verbe précaire
Bride un moment du transitoire
Hésite et trébuche
S'affole dans le périssable
Pâleurs extrêmes
Non de ce qui s'use
Seulement de ce qui se refuse
Etourdi le marcheur demeure et dure
Sur un sentier confus et aberrant
Il aimerait donner plus
Mais déjà tout s'écarte
Se dérobe et le fuit
jeudi 12 novembre 2015
Chemins d'abîme (9)
Silence à l'entour
Puis un aboiement
Comme une indiscrétion
Dans le vif de l'omission
Entre deux ombres bleutées
Une lumière mobile
Qui s'unit à l'obscur
L'obscur pourtant
Eclaire l'obscur
Lumineux un instant
Le mystère fuit
Dans les sous-sols
L'accord des criquets
Et l'espoir du trèfle
Font craindre le pire
mercredi 11 novembre 2015
Chemins d'abîme (8)
Le souffle glisse
Glaise et marne
Aubes aux crépuscules mêlées
Sombres lourdeurs
Parmi celles qui me cousent
Au moins
Prendre part
A l'ombre
Glaise et marne
Aubes aux crépuscules mêlées
Sombres lourdeurs
Parmi celles qui me cousent
Au moins
Prendre part
A l'ombre
lundi 2 novembre 2015
Les Confins : s'ouvrent hautes vagues sous la voile des mers (4)
Du côté des falaises et des îles, une nécropole fugace, fureurs et clameurs de mer, déserts au milieu d'ondes enragées et de ressacs obscurs, havre des houles blessées, épluchées, vidées, ces grands noyers étranglés sous les mots du vent, et année sur année, s'accumulant en sécheresse d'écorce et d'os, moissons des sables et les siècles, sédiments sous les jours factices, qui vieillissent aussi sous les soleils contrefaits... Fausse monnaie du temps...Et sur les grèves tant désirées les germes et les présages des combats futurs.
La mer a tourné le dos au ciel et des femmes d'une plume de flot ont volé à l'écume ses tirades d'exil qu'elles pétrissent maintenant dans leurs flancs. Leurs ventres sont les scribes qui chantent les oracles dans les bourrasques de soufre où soufflent les tempêtes.
Ecoute, écoute les voiles de la mer qui annoncent les fleuves et qui bercent les nuages alors que sous ta peau... De petits mollusques de verre qui fouissent ton sol...
Ecoute et entend ce qu'aux horizons se trame sans toi, ce qui t'ignore, ton absence vivante aux choses qui tournent et retournent à elles-mêmes en se gaussant de ta soif.
Ecoute, minuscule, ce qui reste des géants que tu as aimés, le silence brutal des idiots.
La mer a tourné le dos au ciel et des femmes d'une plume de flot ont volé à l'écume ses tirades d'exil qu'elles pétrissent maintenant dans leurs flancs. Leurs ventres sont les scribes qui chantent les oracles dans les bourrasques de soufre où soufflent les tempêtes.
Ecoute, écoute les voiles de la mer qui annoncent les fleuves et qui bercent les nuages alors que sous ta peau... De petits mollusques de verre qui fouissent ton sol...
Ecoute et entend ce qu'aux horizons se trame sans toi, ce qui t'ignore, ton absence vivante aux choses qui tournent et retournent à elles-mêmes en se gaussant de ta soif.
Ecoute, minuscule, ce qui reste des géants que tu as aimés, le silence brutal des idiots.
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