lundi 21 décembre 2015
Chemins d'abîme (19)
C'est une langue de sable
Une parole de cloture
Entre les murs
Le souffle discret des murailles
Le ciel absent
Il me reste l'eau lente
Et ses ravines
Où je ruisselle
Et m'écoule
Et dans ce songe d'eau
Des poissons sans écailles
Vont et viennent
Comme des voeux de gouffres
dimanche 20 décembre 2015
Chemins d'abîme (18)
Une eau lente abreuve
Un champ de fleurs tardives
Cruciales et maladives
Entre les blés du soir
J'ai rejoint leur soif
Et j'entends
Au bord d'un désert sans trace
Le chant d'un oiseau
Au milieu de ce qui tait
Un champ de fleurs tardives
Cruciales et maladives
Entre les blés du soir
J'ai rejoint leur soif
Et j'entends
Au bord d'un désert sans trace
Le chant d'un oiseau
Au milieu de ce qui tait
Chemins d'abîme (17)
Les tombes sentent la violette
Et des ombres un lait s'épand
D'où naissent leurs pétales
Voix des lendemains ensevelis
Silence dans l'attente éteinte
De celui qui a gagné l'asile
Les tombes sont greniers d'enfance
Où s'entassent les plis
Des pervenches et des roses
Et je suis là
Vivant sous la terre
Dans un lieu sans environs
J'atteins une source ailée
Une mère qui m'allaite
Au seuil reste
Ce que cherchent les issues
Et des ombres un lait s'épand
D'où naissent leurs pétales
Voix des lendemains ensevelis
Silence dans l'attente éteinte
De celui qui a gagné l'asile
Les tombes sont greniers d'enfance
Où s'entassent les plis
Des pervenches et des roses
Et je suis là
Vivant sous la terre
Dans un lieu sans environs
J'atteins une source ailée
Une mère qui m'allaite
Au seuil reste
Ce que cherchent les issues
samedi 19 décembre 2015
Chemins d'abîme (16)
Au dessus de nous
Ce qui brille avec tant d'éclat
La nuit, les Morts
Nul astre que n'éclaire nul astre
Le noir et sa suie
En habit de marié
Epouse nos doigts enlacés
Les horizons sont des chromos
Accrochés entre des verrous
Sur un tamis d'oubli
Dehors on se salue
D'un geste de tombe
samedi 12 décembre 2015
Chemins d'abîme (15)
Vêtu
D'un manteau d'abîme
Des fonds
Une eau nue saille
Sous la langue
Une chrysalide d'ailleurs
Comme un sentier qui me prend.
vendredi 11 décembre 2015
Chemins d'abîme (14)
Langue sans rive
Parlerai-je encore
Dans cette langue sans rive
Des espaces creusés
Dans cette terre tardive ?
Promènerai-je encore
Des gerbes de fumée
Dans ces maigres vergers
Aux souffles embrumés ?
Mais qu'aimé-je donc
Sinon ces pâturages de misère
Et que sais-je des mers
Moi qui demeure sans rivage ?
Parlerai-je encore
Dans cette langue sans rive
Des espaces creusés
Dans cette terre tardive ?
Promènerai-je encore
Des gerbes de fumée
Dans ces maigres vergers
Aux souffles embrumés ?
Mais qu'aimé-je donc
Sinon ces pâturages de misère
Et que sais-je des mers
Moi qui demeure sans rivage ?
mercredi 9 décembre 2015
Chemins d'abîme(13)
Du soir, nous regardons le jour
Et passons le temps à commenter
Ce que déjà nous avions commenté
Quand le fruit vert enviait la maturité
Mais le jour est sans point d'orgue
Sans âge et sans ainesse
Rien ne s'explique alors que tout se donne
Même ce qui se retire ou se retient
Dans la clarté lisse des choses
Nous avons trop cru aux reliefs
Aux monts et aux bosses
Et donné figure à ce qui n'est pas
Il nous reste le soir et ce qui se décolore aux âges nocturnes.
lundi 16 novembre 2015
Chemins d'abîme (12)
Quelquefois nos yeux s'arriment aux rives
d'un fleuve fugitif
Nous nous entendons alors dans ce qui s'écoule
Et plus que percevoir
nous pénétrons
à travers les brumes
en un matin errant
aux fruits encore verts
Tendre la main, cependant
et tout se tait
Hors de portée
le fleuve se fige
Ce qui s'écoule s'étend et se stabilise
L'eau est sable et s'éprend du vent
Les brumes titubent
dans une nuit qu'assombrit la nuit
A la minute même de cette impuissance, encore reste-il la médiocrité à faire et la compromission à être
Plus tard, encore,
on s'inquiétera de tant d'acharnement dans la profondeur
samedi 14 novembre 2015
Chemins d'abîme (11)
Tout s'est refermé
En une coquille illisible
Une loge secrète
Parfois s'envolent
De petites braises nues
Où s'échauffent les instants
Mais jamais ne faire
Ce dernier geste
Pour sauver la nuit
De son silence
Il est des demeures clandestines
Sans recours et sans toit
Qui n'existent que pour s'éteindre
En une coquille illisible
Une loge secrète
Parfois s'envolent
De petites braises nues
Où s'échauffent les instants
Mais jamais ne faire
Ce dernier geste
Pour sauver la nuit
De son silence
Il est des demeures clandestines
Sans recours et sans toit
Qui n'existent que pour s'éteindre
vendredi 13 novembre 2015
Chemins d'abîme (10)
Passantes lueurs
Comme des brasillements fragiles :
Passages fugaces dans la nuit
Le verbe précaire
Bride un moment du transitoire
Hésite et trébuche
S'affole dans le périssable
Pâleurs extrêmes
Non de ce qui s'use
Seulement de ce qui se refuse
Etourdi le marcheur demeure et dure
Sur un sentier confus et aberrant
Il aimerait donner plus
Mais déjà tout s'écarte
Se dérobe et le fuit
Comme des brasillements fragiles :
Passages fugaces dans la nuit
Le verbe précaire
Bride un moment du transitoire
Hésite et trébuche
S'affole dans le périssable
Pâleurs extrêmes
Non de ce qui s'use
Seulement de ce qui se refuse
Etourdi le marcheur demeure et dure
Sur un sentier confus et aberrant
Il aimerait donner plus
Mais déjà tout s'écarte
Se dérobe et le fuit
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