dimanche 9 octobre 2022

Sous la peau

Je ne suis pas cette lance agile

qui subjugue le gris où se jette son ancre

 

cet éclat du regard que rien n’apprivoise

 

je passe et repasse seulement

sur les pistes des heures ordinaires

 

au milieu d’un miroir fragmenté

la chair sombre ne trouve d’autres hivers

 

que le froid brûlant à la lisière des fenêtres

 

 

dehors la jachère muette

la récolte impossible


samedi 8 octobre 2022

Sous la peau

Ce qui nait des naufrages

on ne sait

 

terres bientôt répudiées

courants inconnus, destinations sans faille ?

lignes sinueuses, abruptes, interrompues...

 

finissez donc et dénouez vos lacis !

 

vos voiles nues et vos eaux orphelines

chantent mieux près des coraux et des algues

 

loin de mes jours brûlants


vendredi 7 octobre 2022

Sous la peau

Les eaux se mêlent

et ce qui afflue en moi,

 

ce sang étranger

qui se jette,

ne m’est pas étranger

 

entre mes rives

des songes inconnus sont miens

 

d’autres soleils sur d’autres navires

étendent leurs ailes ombreuses

sur un ciel trop bas

 

Le souffle a faim, le souffle a soif

il suit le chemin des fleuves

et celui des poussières

 

Les sources se dévêtent aux marées


Sous la peau

dans les veines stériles 

l’enfance déjà s’est assoupie

 

Il est temps

cargue les moments de papier

 

et lanterne éteinte

 

espère du vide

où tu sièges

qu’il gonfle tes joues

 

et que tes âpres rivages

bordent de pauvres flots

 

puissent

 

les os brûler sous le sable

tes îles minérales


jeudi 6 octobre 2022

Sous la peau

sous la peau


le sang se fait clair

silence pâle

ce chemin tu

 

de vif et de gel

 

se plisse la terre

se ride la vigne

 

dans la tourbe qui s’épaissit

le feu n’espère plus du vent

 

que l’éloge du ciel

 

 


mardi 20 septembre 2022

Latence

Ailes repliées

prisonnières sous les ponts

 

refermées dans leurs corolles

le souffle gonflé de chants muets

où il ne reste que fosses et abîmes

 

espèrent de l’amère attente

 

le signe de leur envol


samedi 17 septembre 2022

Latence

Le pain offensé

cette vieille atteinte

 

entendre encore

 

cette misère

 

combien de temps

à dilater les cicatrices

 

à se cacher en plein midi

 

 

 


vendredi 16 septembre 2022

Latence

se maintient la nuit

inerte rivale

 

des scrupules du jour

 

d’un mensonge affaibli

par la fente nocturne

s’écoule l’incertain

 

seul le flou est assuré

 

 

 


jeudi 15 septembre 2022

Latence

 

L’issue grésille dans le gris

 

s’y évanouit  sans  périr

 

retenue

dans les plis de la couche

 

à la croire pateline

 

innocence furieuse

son voile tue

 

l’aveugle ouverture


lundi 12 septembre 2022

Clandestine

 

Il faut l’allure d’un soupir

l’appui du secret

 

portefaix du silence

 

porte l’impression

la parole des morts

la trace vivante

 

fatigue l’évidence

 

la suffocation  du gris

tient lieu de naissance

 

le tangible est ce qu’attend

 

 

l’inquiétude des cendres

 

 

 

 

 

 

 

Seul l’écart

 

est racine

 

de l’infime à l’infime

s’instruit d’indigence

 

de soifs arides

il est le fils

 

il est le père

 

 

 

D’une moisson

de  blé sombre

 

 

 

 

 

aux regards brûlants

tu appris les gestes obliques

de la forteresse incendiée

 

les coupe-gorges assèchent la voix

 

dans l’épaisseur

se  noue la langue

 

et l’homogène fleurit dans le compact

 

 

murailles dissimulées

tu demeures et persistes

 

 

dans le sec et l’abrupt

 

 

 

 

 

 

 

Rien

 

de l’entour

 figures impassibles

 

parmi leurs réflexes balistiques

 

tu cherches emprunt de granite

l’éclat sourd de la pierre

 

 

l’écorce tissée

ton rivage accorde ses marées

 

à tes os de paille

 

 

 

 

 

 

 

Tu fais piste

de tes scories

 

la terme culmine

en pleins feux

 

se dissout l’énigme

dans l’acide de l’été

 

l’épilogue

 

appelle sous la plaie

 

 

 

 

 

 

 

L’ogre abroge

 

à l’étal nu  et par lame nue

fend l’articulation

 

cargue ta voix

des  vaisseaux de silence

 

vagues

aux quais de haute mer

 

 

 

 

 

 

 

Blé courbé

semé dans l’orage

 

comme présence en relâche

 

à l’ordinaire des jours

couver la farine brûlante

 

la levée de la chair

 

l’étrange pain de toujours

 

 

 

 

 

 

 

 

au grand large

nous nous rêvons

 


l’iode est sang

le varech mots échoués

 

impuissants rivages

liens serrés d’un divorce

 

ce que mêle

l’azur fécond

 

loin après le ciel

 

 

 

 

 

 

 

De l’étrave libérée

peine une respiration  hardie

fine risée d’abord

 

murmure qui fait rafale

 

la peur se voûte

au passage qui étreint

 

l’arc tendu