A choisir parmi les saisons
la force fleurie sous l’humus
J’aime une prairie absente
le soleil y pose ses ombres
puis des étoiles sous les ramures
l’horizon depuis est proche
et le silence au loin
a la forme de tes yeux
A choisir parmi les saisons
la force fleurie sous l’humus
J’aime une prairie absente
le soleil y pose ses ombres
puis des étoiles sous les ramures
l’horizon depuis est proche
et le silence au loin
a la forme de tes yeux
Je ne suis pas cette lance agile
qui subjugue le gris où se jette son ancre
cet éclat du regard que rien n’apprivoise
je passe et repasse seulement
sur les pistes des heures ordinaires
au milieu d’un miroir fragmenté
la chair sombre ne trouve d’autres hivers
que le froid brûlant à la lisière des fenêtres
dehors la jachère muette
la récolte impossible
Ce qui nait des naufrages
on ne sait
terres bientôt répudiées
courants inconnus, destinations sans faille ?
lignes sinueuses, abruptes, interrompues...
finissez donc et dénouez vos lacis !
vos voiles nues et vos eaux orphelines
chantent mieux près des coraux et des algues
loin de mes jours brûlants
Les eaux se mêlent
et ce qui afflue en moi,
ce sang étranger
qui se jette,
ne m’est pas étranger
entre mes rives
des songes inconnus sont miens
d’autres soleils sur d’autres navires
étendent leurs ailes ombreuses
sur un ciel trop bas
Le souffle a faim, le souffle a soif
il suit le chemin des fleuves
et celui des poussières
Les sources se dévêtent aux marées
dans les veines stériles
l’enfance déjà s’est assoupie
Il est temps
cargue les moments de papier
et lanterne éteinte
espère du vide
où tu sièges
qu’il gonfle tes joues
et que tes âpres rivages
bordent de pauvres flots
puissent
les os brûler sous le sable
tes îles minérales
sous la peau
le sang se fait clair
silence pâle
ce chemin tu
de vif et de gel
se plisse la terre
se ride la vigne
dans la tourbe qui s’épaissit
le feu n’espère plus du vent
que l’éloge du ciel
Ailes repliées
prisonnières sous les ponts
refermées dans leurs corolles
le souffle gonflé de chants muets
où il ne reste que fosses et abîmes
espèrent de l’amère attente
le signe de leur envol
Le pain offensé
cette vieille atteinte
entendre encore
cette misère
combien de temps
à dilater les cicatrices
à se cacher en plein midi
se maintient la nuit
inerte rivale
des scrupules du jour
d’un mensonge affaibli
par la fente nocturne
s’écoule l’incertain
seul le flou est assuré
L’issue grésille dans le gris
s’y évanouit sans périr
retenue
dans les plis de la couche
à la croire pateline
innocence furieuse
son voile tue
l’aveugle ouverture