vendredi 2 décembre 2022

De Morte - Naissance (4)

C’est le zèle de la parole

de quitter d’un coup d’aile

le nid où rien ne repose

 

Le vent songeur supporte ses élytres

Et parmi les prières souffrantes

dénoue nos bras, élargit nos mains

 

à l’orée du lieu où les voiles éclosent

 

Dans le vide vertical

Les étoiles ne sont proches

que lorsqu’on les quitte

 

Assiéger les remparts du bord


jeudi 1 décembre 2022

De Moret-Naissance (3)

 

De ces aurores pâles, l’essaim peut-être...

Le jour peine  à faire voir

la foulée en instance

où chaque borne est un pas

lorsque de la vendange nait le pampre

 

C’est à la brune

toujours

que le cueilleur se lève du fruit.


mercredi 30 novembre 2022

De Morte-Naissance (2)

Fertiles ces voix  au revers du silence,

La main fouille ce viatique secret

Mais le cœur s’acharne et le pertuis échappe

 

L ‘alouette s’élance dans un été contraint

au cœur des semailles, le gel frissonne et attire

 

S’immoler au givre ardent de l’amante patiente


mardi 29 novembre 2022

De Morte-Naissance (1)

Le conte du serin suffirait

Lorsque la tasse se vide

Et qu’aux carreaux l’ombre se fige

 

C’est à l’heure des partances sans retour

 

Que l’homme se lève

Et qu’à hauteur d’âge

Il entaille le vent

 

C’est souche d’estoc

Le pendule et son branle

Oublieux

 

De l’argile des jours

 


dimanche 13 novembre 2022

Sources d'aval (5)

En ces soirs brûlants

les racines aux cimes rompues

boivent le vin crépusculaire

 

seule

la langue du vigneron

s’assèche à la forêt calcaire

 

loin de la grappe

la main qui la cueille


Sources d'aval (4)

Heures sauvages les immobiles

terres profonde de l’asile

 

bucolique à la socque alourdie


Sources d'aval (3)

 

 

l’initial est terme en ces eaux

 

moissons de mer, épis d’écume

comme gerbes de rivages

chants de la houle

 

seulement

 

lors des étés liquides

souvent l’hivernage prend le pas

 

nourrice pauvre alors

cette laisse de mer

qu’attend le sablier


Sources d'aval (2)

Des sources d’aval

l’envol suscite

 

la terre d’amont

 

trace entière dans le souffle

l’effluve frisonne

loin maintenant de son île

 

alors le clos se fait voûte

 

l’arc s’étend

sa flèche est mots

substance d’amont

 

à l’aval sans borne

 

L’aveu du ciel rejoint l’aveu du sang

toujours les étoiles s’adressent à la pierre

 


Sources d'aval (1)

Je croise le chemin que je suis

 

cette lueur sans existence

 

l’ai-je découvert cent fois

à jamais il n’est égal

 

sous son toit fragile qui s’attarde

 

le silence paraît lorsque je parle

calcine le sable

épand ses cendres sur la glaise

 

le brasier est nu qui contient tout

 

braises, restes et poussières

 

l’octroi de mon sang à mon sang

de l’inexistence du lieu

 

 

où gît ce qui ne peut mourir

 


dimanche 16 octobre 2022

Sous la peau

sous la croûte

ce séjour sans vent

 

maintenant

 

que l’attente a trouvé sa tombe

je joue avec les fantômes

 

il faut s’y faire

à ce silence gorgé de ruines

 

cette inscription qui n’est rien

c’est l’impasse où je m’accroche

 

le clos de l’absence

le surjet qui vacille

 

 

le fil qui égare