Enclore les ombres dans tes paroles
Murailles épaisses, espace nu, infranchissable
Tes mots sont d'ombres et de nuit :
les aubes y jouent de la lyre
dont les jours naissant égarent les étoiles
Toujours tu es là, à appeler les routes,
comme steppes affamées
à héler le temps que ces routes traversent
Pâtre ou berger tes troupeaux absents courent pourtant
là où l'esprit attend de toi la mer
Et tout ce qui y règne
samedi 31 mars 2018
Chants des guirlandes amères (3)
Tapis de printemps descendant des collines
jaune puis bleu puis jaune au milieu des prairies des jours
Frissonnantes comme des perles humides
en ces matins d'avril
qui te trouvent clos dans ta nuit glacée
Silences épanouis dans cette lumière confondante
où les lignes s'effacent sous la matière chaude
comme l'annonce d'un vent lointain : heures tourmentées,
plaines sans repos, appel sourd d'un souffle ignoré,
Tu cueillis les roses froides de tes hivers et tes mains
Enfin fleurirent, caressant l'obscur qui grandit
De l'inique blessure qui ferme ton ventre
La pluie s'écoule du sang de tes pères
jaune puis bleu puis jaune au milieu des prairies des jours
Frissonnantes comme des perles humides
en ces matins d'avril
qui te trouvent clos dans ta nuit glacée
Silences épanouis dans cette lumière confondante
où les lignes s'effacent sous la matière chaude
comme l'annonce d'un vent lointain : heures tourmentées,
plaines sans repos, appel sourd d'un souffle ignoré,
Tu cueillis les roses froides de tes hivers et tes mains
Enfin fleurirent, caressant l'obscur qui grandit
De l'inique blessure qui ferme ton ventre
La pluie s'écoule du sang de tes pères
Chants des guirlandes amères (2)
Torrents sombres qu'ivresse offre
au passant
Un peu de cet oubli des tombes
où déjà nous vivons
Et de ce peu qui s'enfuit et ensable
l'attente
Nait la vague amère
Et la brise
qui emporte nos reflets
au passant
Un peu de cet oubli des tombes
où déjà nous vivons
Et de ce peu qui s'enfuit et ensable
l'attente
Nait la vague amère
Et la brise
qui emporte nos reflets
dimanche 4 février 2018
Chants des guirlandes amères (1)
Lourde la route, lourd le sang
de processions et de manèges
le long de voyages invisibles
aux langues étrangères. Seul
et tout bas, sans hâte, à suivre
rives et ombrages endormis
dans la pâleur d'un soir.
Mais lorsque l'éternité, serpent sage,
siffle à mes oreilles le frisson
des guirlandes amères
j'étreins la terre et attends
que se séparent les sources d'antan
Attends seulement l'envol
dans la paix bleutée d'un instant
de processions et de manèges
le long de voyages invisibles
aux langues étrangères. Seul
et tout bas, sans hâte, à suivre
rives et ombrages endormis
dans la pâleur d'un soir.
Mais lorsque l'éternité, serpent sage,
siffle à mes oreilles le frisson
des guirlandes amères
j'étreins la terre et attends
que se séparent les sources d'antan
Attends seulement l'envol
dans la paix bleutée d'un instant
mardi 28 novembre 2017
Quelques autres (1)
Temps
d’avant la mémoire, présent d’hier ou de
demain
Et
présent à tout instant, saccade de matière sans passé
Roches insondables, pierres sans fièvre, cimes et vides
Mais
toujours aux noms encore tus du Souverain absent
Tu
es là toujours en toi-même, être et existence
Comme
le fruit innocent de l’éternité silencieuse
Né
de l’écume des météores au cœur même du lointain
Terre
aux songes à naître encore nue dans sa pureté
Terre
indifférente, immobile et toute à elle-même
Et
à chaque moment tu congédies le temps
Terre,
mer, ciel, sortis de leur propre matrice
Quels rêves tranquilles ceux dont les rêves ne rêvent pas !
Et
quand les orages te couvrent d’ombres et de feux
Rien
n’arrive encore qui n’est toi et que tu n’as voulu
Et
le tonnerre lui-même est ce silence qui t’appartient
Comme
l’espace sans fragments aux frontières inconnues
Alors
que les vagues qui ne sont pas des vagues
Emportent
le sable où tout entière tu te contiens
Car
close de partout mais se répandant en tout ce qui est
Tu
n’es minuscule qu’à la condition de ton immensité
Et
en chaque grain comme en chaque poussière
L’univers
qui te couvre hors du maintenant et de l’ici
S’étend tout entier dans ces abîmes dont
tu es fait
Et
que plus tard la pensée comblera de ses fards
Et
pendant que je parle et tente l’impossible
Ta
nudité se voile du tissu sonore de mes mots
Puisqu’il
faut bien que vive cet être de toi
Qui
t’amincit en t’amputant de ce qui le fuit
Comme
si pour te connaître et t’aimer
Il
devait ignorer les vastes gouffres où tu résides
jeudi 23 novembre 2017
Anecdotes de l'archipel (15)
Anecdote de la pierre
La
pierre ne s’offre à aucune clarté
Et
n’accueille aucune ombre
La
lumière et l’obscurité s’humilient
Face à
cette épaisseur impénétrable.
Identité
compacte
Elle
offre la figure de son obstinée permanence
L’entêtement
et l’obsession d’être
Dominent
les montagnes
Asservissent
les cailloux.
Matières
opaques et bornées
Y
dorment pourtant
Des miroirs d'émeraudes
Des miroirs d'émeraudes
Aux
chatoiements barbares
Imperceptibles
A ma vue
infirme.
Anecdotes de l'Archipel (14)
Anecdote de la rosée
Le
mutisme se refuse aux rosées
Leurs
langues de pluies
Leurs
lèvres de brumes
Leurs
bouches d’ombres chaudes
D’un
fluide secret et humide
Scandent
toujours
Les
fables du vide et de l’oubli.
Leurs
chants se posent
Au bord
des jours
Car c'est du seuil
Car c'est du seuil
Que
toujours ils appellent la pénombre
Et cet
appel, simplement appel
Simple
halètement
Reste sans oreille.
Car
C’est
toujours
Entre des mains trop pauvres
Que nous recueillons
Entre des mains trop pauvres
Que nous recueillons
Ces
fragments de nuit
Aux
reflets sonores
Et aux
danses de velours.
Le
savons-nous ?
C’est en
vain
Que nous
y trouverons
Notre
image.
Anecdotes de l'Archipel (13)
Anecdote de l'Antérieur
L’antérieur est un beau parleur
Qui
adapte ses angles
Et ajuste
ses fables.
Il a la
métaphore
Bavarde,
Comme
l’origine d’un écho.
Si on ne
suit pas l’antérieur
C’est
qu’il marche
A
reculons
Et
prétend se précéder lui-même.
Sillage
qui s’ouvre devant
Toi
Il te
vide et t’explique.
Partout
où le Temps est
Il te recouvre
de sa tunique
Sans
couture
Et il
n’est d’itinéraire
Qu’il
n’ait endetté.
Seul, le pas suprême l’exile.
Pourtant
tu passes ton temps
A ne pas
mourir.
mardi 21 novembre 2017
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