Les choses, ne pas vouloir les saisir
Laisse-les en leur lieu
Et accepte ce qu’elles sont
Dans leur simplicité idiote
Ou si tu veux, petite haine
chérie,
Dans leur médiocrité obtuse
L’eau n’offre rien au vent
Le vent n’outrage personne
S’il n’est que lui-même
Les plaines se scandaliseraient
d’être collines
Et les nuages riraient d’être
montagnes
Les choses en leur sein dorment
et reposent
Les surprendre
C’est les arracher à elle-même
C’est les arracher à elle-même
Au cœur de leur
sommeil
Elles ne comprendraient pas ta
violence
Et toi tu ne gagnerais à ce vol
Que creuser la blessure profonde
Sur laquelle déjà tu as élevé ces
mots
Et que malgré eux et contre eux
Tu veux comprendre
Laisse-la, l’écorchure malsaine,
Et que coulent les rivières
mortes
Dont elle est la source
empoisonnée.
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