samedi 9 janvier 2016
Eau lente, mailles de jonc (1)
Ce qui demeure toujours, le sec, l'aride, le sol d'où tu es né
Territoire de sècheresse où s'entend un vent absent
Et le sillage qu'avant lui ébauche ta naissance
Sillon du vide dans l'invisible
Dans le ventre rond de ta mère
Eau lente, mailles de jonc entre abîmes et confins
Heures lentes aussi en habits de siècles
Quand l'âge du temps disperse ses poussières
Entre silence de terre et fantômes de neige
Où je suis le poids de mes pas
Mes pas qui tracent des chemins hantés
Quand au loin attendent les carrefours de demain
Pars donc me dis-je et aux nuits cheminantes
Et aux jours dénudés et aux saisons-poèmes
Dis-je fuis où tu te trouves
Mes lèvres sont écrites pour que tu les lises
samedi 26 décembre 2015
Chemins d'abîme (21 et fin)
J'ai cherché ces ornières de fortune
Elles furent toits, asiles et terriers,
Routes de pluie en cordes fines
Tresses de terre et de ciel
Chemins de boues et de poussières
Ils donnèrent voix peut-être
Aux horizons effondrés
Où les fleuves embrassent les rivières
Abîme par devant toute
Et la vie, cette péninsule discrète
Dans le souffle d'une ombre
S'étend, couchée comme une morte
Ces chemins de friches
Sont promesse de joncs
Et, dans cette question ferroviaire,
L'eau lente de demain.
mercredi 23 décembre 2015
Chemins d'abîme (20)
Aujourd'hui s'est asséché
La terre s'est fendue
Le ciel a suspendu ses passages
C'est la morsure d'été
L'artère chaude des saisons
Où bégaie le silence
Chanté des cigales
Il entend son souffle
Comme le vent du Verbe
Et assume dans l'espace clos
Ce que lui inspirent ses bronches
Il pratique des chemins
Où se risquent les joncs.
lundi 21 décembre 2015
Chemins d'abîme (19)
C'est une langue de sable
Une parole de cloture
Entre les murs
Le souffle discret des murailles
Le ciel absent
Il me reste l'eau lente
Et ses ravines
Où je ruisselle
Et m'écoule
Et dans ce songe d'eau
Des poissons sans écailles
Vont et viennent
Comme des voeux de gouffres
dimanche 20 décembre 2015
Chemins d'abîme (18)
Une eau lente abreuve
Un champ de fleurs tardives
Cruciales et maladives
Entre les blés du soir
J'ai rejoint leur soif
Et j'entends
Au bord d'un désert sans trace
Le chant d'un oiseau
Au milieu de ce qui tait
Un champ de fleurs tardives
Cruciales et maladives
Entre les blés du soir
J'ai rejoint leur soif
Et j'entends
Au bord d'un désert sans trace
Le chant d'un oiseau
Au milieu de ce qui tait
Chemins d'abîme (17)
Les tombes sentent la violette
Et des ombres un lait s'épand
D'où naissent leurs pétales
Voix des lendemains ensevelis
Silence dans l'attente éteinte
De celui qui a gagné l'asile
Les tombes sont greniers d'enfance
Où s'entassent les plis
Des pervenches et des roses
Et je suis là
Vivant sous la terre
Dans un lieu sans environs
J'atteins une source ailée
Une mère qui m'allaite
Au seuil reste
Ce que cherchent les issues
Et des ombres un lait s'épand
D'où naissent leurs pétales
Voix des lendemains ensevelis
Silence dans l'attente éteinte
De celui qui a gagné l'asile
Les tombes sont greniers d'enfance
Où s'entassent les plis
Des pervenches et des roses
Et je suis là
Vivant sous la terre
Dans un lieu sans environs
J'atteins une source ailée
Une mère qui m'allaite
Au seuil reste
Ce que cherchent les issues
samedi 19 décembre 2015
Chemins d'abîme (16)
Au dessus de nous
Ce qui brille avec tant d'éclat
La nuit, les Morts
Nul astre que n'éclaire nul astre
Le noir et sa suie
En habit de marié
Epouse nos doigts enlacés
Les horizons sont des chromos
Accrochés entre des verrous
Sur un tamis d'oubli
Dehors on se salue
D'un geste de tombe
samedi 12 décembre 2015
Chemins d'abîme (15)
Vêtu
D'un manteau d'abîme
Des fonds
Une eau nue saille
Sous la langue
Une chrysalide d'ailleurs
Comme un sentier qui me prend.
vendredi 11 décembre 2015
Chemins d'abîme (14)
Langue sans rive
Parlerai-je encore
Dans cette langue sans rive
Des espaces creusés
Dans cette terre tardive ?
Promènerai-je encore
Des gerbes de fumée
Dans ces maigres vergers
Aux souffles embrumés ?
Mais qu'aimé-je donc
Sinon ces pâturages de misère
Et que sais-je des mers
Moi qui demeure sans rivage ?
Parlerai-je encore
Dans cette langue sans rive
Des espaces creusés
Dans cette terre tardive ?
Promènerai-je encore
Des gerbes de fumée
Dans ces maigres vergers
Aux souffles embrumés ?
Mais qu'aimé-je donc
Sinon ces pâturages de misère
Et que sais-je des mers
Moi qui demeure sans rivage ?
mercredi 9 décembre 2015
Chemins d'abîme(13)
Du soir, nous regardons le jour
Et passons le temps à commenter
Ce que déjà nous avions commenté
Quand le fruit vert enviait la maturité
Mais le jour est sans point d'orgue
Sans âge et sans ainesse
Rien ne s'explique alors que tout se donne
Même ce qui se retire ou se retient
Dans la clarté lisse des choses
Nous avons trop cru aux reliefs
Aux monts et aux bosses
Et donné figure à ce qui n'est pas
Il nous reste le soir et ce qui se décolore aux âges nocturnes.
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