jeudi 10 mars 2016
De Vent et de Pluie (2)
La force infléchit l'horizon
Le roseau réduit son essence
L'Etre se retire dans sa fureur
Ce qui reste est résistance
La cohérence du chaos étend son pouvoir
Le ciel est la bouche du Lointain.
De Vent et de Pluie (1)
Le vent a courbé le jour
La lumière abandonne ses prérogatives
La timidité de l'obscur a empêché la nuit
Les lisières ont envahi l'avenir
Cherchant dans les bourrasques
On ne trouve qu'un écho et des mots.
mardi 8 mars 2016
Les Confins : s'ouvrent hautes vagues sous la voile des mers (9)
Pour Ceux des Confins
Les Saules ont imposé leur empire de sommeil et des luths d'eau ont dansé sur les berges invisibles de nos soifs. Ce sont des rives indifférentes que des racines enlacent de leur oubli. Nous étions de tous les mondes, nous n'étions plus plus d'aucun quand l'oiseau au bec de prose a soulevé les paupières du souffle. Puis des vaisseaux de songe ont sombré dans les poitrines et nous avons chanté...
Aux alliances de cire offertes à la vie, les fidélités épuisées et, vivant par dessus les hommes du siècle, la bouche tonnante de la guerre...
Des soleils ont brillé sous des fleuves ivres et nous avons éprouvé notre faiblesse dans les rigueur de nos haines : les barques retournées aux rives sèches, des beffrois ruinés sur les plaines vides aux heures blanches du monde, des chairs suspendues aux miradors du temps qu'un vent affamé emporte jusqu'aux havres où les hommes dorment. Et une race de chaux a tout recouvert...Une race aux corridors sans issues...qui ne se lève que la nuit lorsque le désert fleurit sous la pluie...Dans un monde où plus rien ne séjourne, dans l' étendue stérile des bêtes de chaux...
Puis les simulacres ont chevauché sur cette terre mêlée d'os et de chair et des fumées purpurines sont descendues des cuves du ciel...Une nation de spectres et de programmes a déféqué sur les étoiles et les astres brûlants se sont éteints...La nuit même n'était plus la nuit...La substance s'est ouverte et un crotale est né de la boue et la souillure qui gît dans le corps du Saint quand les images ont supplanté les corps et les vers abandonnés les tombeaux de ronce... Lois oubliées de l'écume et du varech, des marées et des saisons, des compagnies de fureur ont rugi sous la mer et absorbé les baleines de verre...
Et dans ce qui se creuse sous les vagues, ce qui survit dans le silence, les minutes et les secondes du Lointain, un homme sans dénouement et sans origine, geste continu sur le dos de l'infini, avec ses phrases chevauchant la mort et les secrets forgés au moment où le feu lèche la lame. Aux Confins le Dit du mot, et le miracle qui écarte le gel, le Dit du mot dans le champ vide des matricules épais, dans la jungle des listes et des registres. S'y sont enfouis Ceux des Confins dans des rades où les soifs s'apaisent ; hébergé sous les ailes des nuages, l'enfant a ouvert les mains vers les terres vierges, celles d'où nous sommes. Et sous le tonnerre de la bave, un torrent d'émaux...
Ceux des Confins ont couronné le jour là où le jour n'est plus.
vendredi 4 mars 2016
Les Confins : s'ouvrent hautes vagues sous la voile des mers (8)
Rivages roux de sous les Terres
Portent des messages aux revers des mers
Et des fonds les clameurs se lèvent
Comme les effluves de mon âme
Lavée dans la clarté des jours
C'est la sagesse des morts
De parler lorsqu'on se tait
Dans mes pas entendus
Le sabir des ossuaires
Et le temps enfin de la félicité
Aux comptoirs des Lettres
Ma maison s'ébruite
Aux environs errants
Mes étoiles sont des cotonnades silencieuses portées par des criquets iroquois. Elles annoncent sous les chairs des saveurs
de soif et de faim et peignent dans le ciel les ailes naissantes des envers de demain.
Mes étoiles aux cordes vives.
Il faut entendre les voix basses de l'argile, les bassons des substances.
Bandes onduleuses qui se coulent en jarres courbes
Souplesse de sable qui s'enflamme où meurent les sources
Nef sans voeux aux flots infirmes
Je suis adossé aux silences des ombres
Où pèsent les semences
Les mains chantant parmi la fumée
Et les sentences que crispent les adieux
A l'heure des mendiants que supplient mes pas
Demandent aux miroirs rançon de mon visage
Et c'est une nuit sans prix
Face aux routes divagantes
Etendues dans la vase des rivières asséchées
Face à un peuple de chaines et de fouets
L'éteint offre sa livrée aux aurores naissantes.
Il faut entendre les voix basses de l'asile, l'île sourde de tes lèvres.
Porter la morsure fauve des hommes, les songes arrimés à l'amande verte des Eaux.
Portent des messages aux revers des mers
Et des fonds les clameurs se lèvent
Comme les effluves de mon âme
Lavée dans la clarté des jours
C'est la sagesse des morts
De parler lorsqu'on se tait
Dans mes pas entendus
Le sabir des ossuaires
Et le temps enfin de la félicité
Aux comptoirs des Lettres
Ma maison s'ébruite
Aux environs errants
Mes étoiles sont des cotonnades silencieuses portées par des criquets iroquois. Elles annoncent sous les chairs des saveurs
de soif et de faim et peignent dans le ciel les ailes naissantes des envers de demain.
Mes étoiles aux cordes vives.
Il faut entendre les voix basses de l'argile, les bassons des substances.
Bandes onduleuses qui se coulent en jarres courbes
Souplesse de sable qui s'enflamme où meurent les sources
Nef sans voeux aux flots infirmes
Je suis adossé aux silences des ombres
Où pèsent les semences
Les mains chantant parmi la fumée
Et les sentences que crispent les adieux
A l'heure des mendiants que supplient mes pas
Demandent aux miroirs rançon de mon visage
Et c'est une nuit sans prix
Face aux routes divagantes
Etendues dans la vase des rivières asséchées
Face à un peuple de chaines et de fouets
L'éteint offre sa livrée aux aurores naissantes.
Il faut entendre les voix basses de l'asile, l'île sourde de tes lèvres.
Porter la morsure fauve des hommes, les songes arrimés à l'amande verte des Eaux.
mercredi 2 mars 2016
Les Confins : s'ouvrent hautes vagues sous la voile des mers (7)
Ce sont les contrées qui parlent....
Dans l'anonymat des marées, des poissons aux ventres ouverts
vomissent une glaise nourricière d'épis et de joncs... Et sous le vent des morts, de petits lézards parlent sous la langue... des plumes alors font tourner les meules... Les graines se répandent comme des épices dans la farine du temps...Et ce sont des ombres sucrées maintenant qui habillent les hommes, des ombres que chantent les méprises, l'obscur dont se revêt le babil des anges...Le grand hivernage des choses...
Ce sont les contrées qui parlent....
De lieux épais et désertés, endormis dans le temps, aux balcons où s'attendent les aubes, suspendus aux gestes invisibles de ce qui pourtant se produit,
De silences nus et inouïs, repos des lèvres en péril, aux latitudes lasses, par delà les méridiens où sonnent encore la trompe des combats tus,
Et aussi de tes mains d'éveil, qui achèvent ma saison, comme une terre niée qui ne vit que de sa mort...Comme des ailes sur la face sombre des choses, comme lait et miel dans les battements farouches où résident les hommes...
Ce sont les contrées qui parlent...
Aux cécités froides qui se croisent là où on voudrait des semoules en flamme, où les péchés d'hier sont les grâces de demain comme les manifestes d' avril dont rêve le mensonge des saisons,
Aux artifices qui brillent sous la pluie des voyelles qu'on sonne la nuit comme mâtines de l'inespérée insignifiance...qui empêche les tombes de se clore...Comme une transe du vent, celui qui hurle au fond des terriers...
Aux songes des chiens quand l'exil s'éveille du fond des niches, exil de néant sous la vigne du vide... Les raisins du crépuscule depuis les rivages les plus anciens enfouis déjà dans le ventre des femmes...
Ce sont les contrées qui parlent...
Sous le bourdonnement des ans et les élytres des jours, parmi les libellules de l'enfance et le matin des Rois, dans le fracas des siècles et les torrents bruissants des aurores amères, là se rassemblent sans cesse les forces souveraines qui lèvent les déchéances et les ascensions diaphanes ... Les empires lumineux dorment dans les plaies que les hommes étirent dans le sable de ce qui s'agite en silence...
Comme des flibustiers au bord des ouragans ou des braconniers sur les pistes de la vérité, comme une terre neuve où les femmes enroulent leurs naissances étrangères dans le coton du soir qui dort, comme un visage à l'entrée du désert quand les paupières s'évadent de la prison du regard...
Ce sont les contrées qui parlent...
Et c'est un souffle incurable qui dédicace de son fruit de roche la peau de nos pensées aux vanités d'automne, de papier et de lin.
Dans les caniveaux d'entre les confins, de petits crachats sanguinolents.
Dans les ruelles, les fosses et les maisons de maîtres, au centre des confins,
L'urine et l'excrément.
jeudi 25 février 2016
Eau lente, Mailles de jonc (10)
Enigmes des routes et des lignes
Plus sanguines que sentes de pluie
Un chant se meurt d'être né
Seul s'écoute la parole morte
Plus sanguines que sentes de pluie
Un chant se meurt d'être né
Seul s'écoute la parole morte
mercredi 24 février 2016
Eau lente, mailles de jonc (9)
Nuit d'entre les nuits
Noire plus noire encore
Parmi le sombre et l'indistinct
Plus vain que le clair
Un bref passage et la lune
Comme yeux obscurs dans le soir
(Parfois de rares ramures accrochent un fragment
- Fraicheur sous les bois)
mercredi 17 février 2016
Eau lente, mailles de joncs (8)
Un vent intérieur à ciel ouvert, père des aurores et des morts,
a élevé des digues de deuil et contenu ce qui s'échappe ;
au centre des heures, un poème a glissé de l'idée, sans route et
sans chemin, havre seulement du lendemain ou de l'éventuel,
au présent de toujours, et de ce qui reste a retenu ce qui a fui
Car il garde et guide ce qui se refuse et abandonne ce qui
se libère ; l'obscurité est son milieu et sa tendresse par où passe
ce qui, mort, en ressortira vivant, l'obscurité est son domaine
privé et de ses graines germent des fleurs d'ombres qui
croissent loin des opinions et des instincts.
C'est une matière qui ne se pénètre pas, une chair noire où
croupissent les idées, comme un chant de baleine aux fleurs
nocturnes, une matière inféconde aux naissances blêmes que ne
a élevé des digues de deuil et contenu ce qui s'échappe ;
au centre des heures, un poème a glissé de l'idée, sans route et
sans chemin, havre seulement du lendemain ou de l'éventuel,
au présent de toujours, et de ce qui reste a retenu ce qui a fui
Car il garde et guide ce qui se refuse et abandonne ce qui
se libère ; l'obscurité est son milieu et sa tendresse par où passe
ce qui, mort, en ressortira vivant, l'obscurité est son domaine
privé et de ses graines germent des fleurs d'ombres qui
croissent loin des opinions et des instincts.
C'est une matière qui ne se pénètre pas, une chair noire où
croupissent les idées, comme un chant de baleine aux fleurs
nocturnes, une matière inféconde aux naissances blêmes que ne
portent aucun nom, dans une chambre froide où s'accrochent des
indifférences aux fragilités de gel.
Dans ces errances de songes, ces mers de glaces instables, ces îles
qui s'égarent, partent puis reviennent, ces demeures de nuages,
ces fragments de chants où meurent les rossignols, dans ces
alignements et ces enjambements, dans ces racines ligneuses à
fleurs de roches, rien, rien qu'un souffle de paix et de chagrins
Ainsi de ce qui choit de l'idée, sur des routes d'innocence que les
directions ignorent, les choses minces que contiennent les mots.
dimanche 14 février 2016
Eau lente, mailles de jonc (7)
En toi
Des mots, et la peur que caressent les murailles
Au fond de ton empire
Dans les coins où tu gémis
Le pollen de l'effroi
Dans ta nuit
L'angoisse du jour
Qu'un jour
De tes bras l'aube née
Imprimera
Dans l'inconnu à jamais
de ton visage
Bleu et doux
Comme la sauvagerie
De ton regard
Eau lente, mailles de jonc (6)
On aimerait des désastres purs
Comme des neiges sans taches
Sur une terre aimante
Mais le fer n'a pas de ces accomodements
Il ne négocie pas
Le fer a autorité
Et le brûlant lui est soumis
Le fer, cependant, brûle aussi
Et danse sur les pervenches
Seulement
Lorsque tes yeux sont la paix
Comme des neiges sans taches
Sur une terre aimante
Mais le fer n'a pas de ces accomodements
Il ne négocie pas
Le fer a autorité
Et le brûlant lui est soumis
Le fer, cependant, brûle aussi
Et danse sur les pervenches
Seulement
Lorsque tes yeux sont la paix
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