Elles vinrent ces flammes innocentes
En ces jours domestiques, aveugles et somnolents
portées par un fatal été
soudoyer ta conscience
et de tes rêves élever des images et des morts
comme un poison posé sur tes lèvres
une racine mortelle sous la langue
brûlant tes jardins bientôt en cendres
Elles passèrent, ces flammes ignorantes
remplir tes plaines d'un suc pâle, puissant et douloureux
Marches-tu encore de cette langue de plaie
la peau arrachée de tes lèvres
avec sous tes pas, le chemin brûlé
où poussent les croix
Marches-tu encore sans dire
cette peau qui s'abrège
et ce sang qui se fuit
en ces lieux d'abandon
où les ombres s'efforcent.
mardi 3 avril 2018
lundi 2 avril 2018
Mes Amériques (3)
Ce n'est pas dans ces souffles,
anonymes coursiers des mers
non plus vers l'obscur ailleurs, ni en ton rêve clair comme l'embrun des aubes
ni sur les plaies des risées de la surface insondable
Seulement dans ta solitude froide entourée d'horizons
Tu t'enfouis sous ton rêve, parfumé et chantant
laissant là tes vivants et leur nuit
pour des paupières légères
suspendues à tes îles, aux fruits de tes déserts,
aux heures dénudées où tu te rejoindras
C'est dans un regard d'eau, suspendu à la houle
que s'annonce la parole, belliqueuse et nocturne.
anonymes coursiers des mers
non plus vers l'obscur ailleurs, ni en ton rêve clair comme l'embrun des aubes
ni sur les plaies des risées de la surface insondable
Seulement dans ta solitude froide entourée d'horizons
Tu t'enfouis sous ton rêve, parfumé et chantant
laissant là tes vivants et leur nuit
pour des paupières légères
suspendues à tes îles, aux fruits de tes déserts,
aux heures dénudées où tu te rejoindras
C'est dans un regard d'eau, suspendu à la houle
que s'annonce la parole, belliqueuse et nocturne.
Mes Amériques (2)
Le roulis qui t'emporte est un détroit
un risque pour tes rives
le prétexte des vagues silencieuses
enflées de leur matière haineuse
pour tes routes cardinales
Routes d'Ouest aux écumes de sang
chemins de blessures qui mènent aux ports
où tu feras naufrage
tes voiles pleines encore
de tes tempêtes de nuit
ces encres qui appareillent
comme un vaisseau d'averse
qui s'enfonce sous la houle
un risque pour tes rives
le prétexte des vagues silencieuses
enflées de leur matière haineuse
pour tes routes cardinales
Routes d'Ouest aux écumes de sang
chemins de blessures qui mènent aux ports
où tu feras naufrage
tes voiles pleines encore
de tes tempêtes de nuit
ces encres qui appareillent
comme un vaisseau d'averse
qui s'enfonce sous la houle
dimanche 1 avril 2018
Mes Amériques (1)
C'est aux confins de la nuit
et au seuil du jour
lorsqu' épuisées de briller
s'évadent les étoiles
qu'encore nocturne se glisse une parole
Aux prémisses des aubes
Bourgeon de silence, mutisme des jardins,
rose souterraine, jacinthe de nuit
J'y invente des serrures d'eau
Ces bouquets de verrous que je t'offre
à toi
qui étendit ses ailes
sur les océans lointains
où le regard fleurit et espère
samedi 31 mars 2018
chants des guirlandes amères (4)
Enclore les ombres dans tes paroles
Murailles épaisses, espace nu, infranchissable
Tes mots sont d'ombres et de nuit :
les aubes y jouent de la lyre
dont les jours naissant égarent les étoiles
Toujours tu es là, à appeler les routes,
comme steppes affamées
à héler le temps que ces routes traversent
Pâtre ou berger tes troupeaux absents courent pourtant
là où l'esprit attend de toi la mer
Et tout ce qui y règne
Murailles épaisses, espace nu, infranchissable
Tes mots sont d'ombres et de nuit :
les aubes y jouent de la lyre
dont les jours naissant égarent les étoiles
Toujours tu es là, à appeler les routes,
comme steppes affamées
à héler le temps que ces routes traversent
Pâtre ou berger tes troupeaux absents courent pourtant
là où l'esprit attend de toi la mer
Et tout ce qui y règne
Chants des guirlandes amères (3)
Tapis de printemps descendant des collines
jaune puis bleu puis jaune au milieu des prairies des jours
Frissonnantes comme des perles humides
en ces matins d'avril
qui te trouvent clos dans ta nuit glacée
Silences épanouis dans cette lumière confondante
où les lignes s'effacent sous la matière chaude
comme l'annonce d'un vent lointain : heures tourmentées,
plaines sans repos, appel sourd d'un souffle ignoré,
Tu cueillis les roses froides de tes hivers et tes mains
Enfin fleurirent, caressant l'obscur qui grandit
De l'inique blessure qui ferme ton ventre
La pluie s'écoule du sang de tes pères
jaune puis bleu puis jaune au milieu des prairies des jours
Frissonnantes comme des perles humides
en ces matins d'avril
qui te trouvent clos dans ta nuit glacée
Silences épanouis dans cette lumière confondante
où les lignes s'effacent sous la matière chaude
comme l'annonce d'un vent lointain : heures tourmentées,
plaines sans repos, appel sourd d'un souffle ignoré,
Tu cueillis les roses froides de tes hivers et tes mains
Enfin fleurirent, caressant l'obscur qui grandit
De l'inique blessure qui ferme ton ventre
La pluie s'écoule du sang de tes pères
Chants des guirlandes amères (2)
Torrents sombres qu'ivresse offre
au passant
Un peu de cet oubli des tombes
où déjà nous vivons
Et de ce peu qui s'enfuit et ensable
l'attente
Nait la vague amère
Et la brise
qui emporte nos reflets
au passant
Un peu de cet oubli des tombes
où déjà nous vivons
Et de ce peu qui s'enfuit et ensable
l'attente
Nait la vague amère
Et la brise
qui emporte nos reflets
dimanche 4 février 2018
Chants des guirlandes amères (1)
Lourde la route, lourd le sang
de processions et de manèges
le long de voyages invisibles
aux langues étrangères. Seul
et tout bas, sans hâte, à suivre
rives et ombrages endormis
dans la pâleur d'un soir.
Mais lorsque l'éternité, serpent sage,
siffle à mes oreilles le frisson
des guirlandes amères
j'étreins la terre et attends
que se séparent les sources d'antan
Attends seulement l'envol
dans la paix bleutée d'un instant
de processions et de manèges
le long de voyages invisibles
aux langues étrangères. Seul
et tout bas, sans hâte, à suivre
rives et ombrages endormis
dans la pâleur d'un soir.
Mais lorsque l'éternité, serpent sage,
siffle à mes oreilles le frisson
des guirlandes amères
j'étreins la terre et attends
que se séparent les sources d'antan
Attends seulement l'envol
dans la paix bleutée d'un instant
mardi 28 novembre 2017
Quelques autres (1)
Temps
d’avant la mémoire, présent d’hier ou de
demain
Et
présent à tout instant, saccade de matière sans passé
Roches insondables, pierres sans fièvre, cimes et vides
Mais
toujours aux noms encore tus du Souverain absent
Tu
es là toujours en toi-même, être et existence
Comme
le fruit innocent de l’éternité silencieuse
Né
de l’écume des météores au cœur même du lointain
Terre
aux songes à naître encore nue dans sa pureté
Terre
indifférente, immobile et toute à elle-même
Et
à chaque moment tu congédies le temps
Terre,
mer, ciel, sortis de leur propre matrice
Quels rêves tranquilles ceux dont les rêves ne rêvent pas !
Et
quand les orages te couvrent d’ombres et de feux
Rien
n’arrive encore qui n’est toi et que tu n’as voulu
Et
le tonnerre lui-même est ce silence qui t’appartient
Comme
l’espace sans fragments aux frontières inconnues
Alors
que les vagues qui ne sont pas des vagues
Emportent
le sable où tout entière tu te contiens
Car
close de partout mais se répandant en tout ce qui est
Tu
n’es minuscule qu’à la condition de ton immensité
Et
en chaque grain comme en chaque poussière
L’univers
qui te couvre hors du maintenant et de l’ici
S’étend tout entier dans ces abîmes dont
tu es fait
Et
que plus tard la pensée comblera de ses fards
Et
pendant que je parle et tente l’impossible
Ta
nudité se voile du tissu sonore de mes mots
Puisqu’il
faut bien que vive cet être de toi
Qui
t’amincit en t’amputant de ce qui le fuit
Comme
si pour te connaître et t’aimer
Il
devait ignorer les vastes gouffres où tu résides
jeudi 23 novembre 2017
Anecdotes de l'archipel (15)
Anecdote de la pierre
La
pierre ne s’offre à aucune clarté
Et
n’accueille aucune ombre
La
lumière et l’obscurité s’humilient
Face à
cette épaisseur impénétrable.
Identité
compacte
Elle
offre la figure de son obstinée permanence
L’entêtement
et l’obsession d’être
Dominent
les montagnes
Asservissent
les cailloux.
Matières
opaques et bornées
Y
dorment pourtant
Des miroirs d'émeraudes
Des miroirs d'émeraudes
Aux
chatoiements barbares
Imperceptibles
A ma vue
infirme.
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