samedi 13 juin 2020

En demeure (7)


Aujourd'hui, les murs se sont à nouveau exaltés
et  les limites ont des boucles d'épines
saignant l'âme transfrontalière, empêchant la moisson

Maintenant qu'un soleil froid a brûlé la terre de ses rais stériles
la faux attend et pourrit aux heures que personne n'espère
sage et inutile au fond d'une cuisine que n'éclaire nulle ombre

La saison des corbeilles a quitté les collines
le champ est nu, son étrave est pierre et sédiment
cédant l'ouvrage  à l'immobilité du jour

La rose suspendue attend un passage patient, une arche de plume.

vendredi 12 juin 2020

En demeure (6)

Chants de l'aube dévastés
Routes des vents entravées
L'écume en poussière
La plaine froide et fatiguée

La symétrie faisait retour
et l'origine du repère
qui soumet l'essaim

En demeure (5)

Lourds labours des vents
Malgré la charrue ailée
La boue gagne l'aérien

La masse poursuit son oppression  aux estives azurées
Lesté de glèbe, l'épais encore ouvre les verrous

Dans cet espace, l'impondérable se pèse aussi

jeudi 11 juin 2020

En demeure (4)

Le logis est brume et naufrage
qui brouille et dévoile la terre
Paroles de friche et de varenne
l'île sème  mirages et vignes

le refuge des racines éteintes
la forêt figée de l'instant
la main d'aujourd'hui.

 

mercredi 10 juin 2020

En demeure (3)

Des arbres dont on ne peut goûter le fruit
des fleurs sans famille se penchent sous les toits
qu'on place aux fenêtres et qu'on accroche aux portes
la rance offrande des cueillettes déçues

Ce qui se respire sous la croûte des heures
des couleurs effacées sous la couronne de la nuit
des silences parmi le silence où se terre la pépite
le matin qui se fait jour dans le soir mourant

Comment savoir si la lame glisse sous l'enveloppe ?
Tendre l'oreille aux bruissements de l’éclipse.


 

jeudi 4 juin 2020

En demeure (2)

Ici c'est l'abondance vide, l'abondance nue
L'épée d'argile frissonne dans ses formes
l'immobile passant les doigts fendus
comble les passes, épaissit les tunnels

Pour les peuples sans passage
seulement des lisières et des bornes
le bégaiement aux frontières

Derrière le soleil
les demeures de poussières
la chaleur des murs qui ouvrent
l'assemblage des verrous et des mots.

mardi 2 juin 2020

En demeure (1)

La coquille affronte la cendre
Cette encre de plume s'agite 
à la pointe fine du roc 
De son œuf n’éclot aucun horizon

La voix se fait rare dans l'hésitation du sens
Le fruit meurt dans un jardin refroidi
et des bourgeons de gel soudent les lèvres

Les oreilles guettent la trace d'un ange




 

Par delà les chemins sans voix (7)

Pour que le sang ouvre ses voix
inscrive ses ardeurs volatiles
et puise son vent dans ses eaux siennes
il est bon d'observer le sarment trompeur
qui se prétend aube et nait crépuscule

Ce désert humide de pétales flétris 
ce séjour de terre lunaire

J'attends une sécheresse nouvelle
la brutalité d'une faim crue 

Le hameau aride


samedi 23 mai 2020

Par delà les chemins sans voix (5)

Il est temps de quitter les allées
de laisser le sommeil aux sillons
et les nuages danser aux fenêtres

On ne perd pas sa boussole d'abandon
ses terres de friche et de gâtine 

L'égarement oblige la faim
Le lointain, la source de la sève.