A force
les rivières ont perdu la mémoire de l’eau.
Mais elles ont le temps : elles ne croient plus aux traces. Et la durée pour elles n’est même plus un souvenir. Elles coulent sans attendre, sous un vent aux avenirs absents.
Leur cours sans fatigue est immobile
Où l’herbe jette ses dernières ombres
Dans l’insolente clarté qui couvre même la nuit.
Il est impossible de fuir ce jardin
Seulement y mourir.
Ce qui n’est pas assez encore.