dimanche 27 septembre 2015

Rumeurs des Jours et de la Nuit (79)




Aux arbres au loin
Vous qui ne connaissez rien

Les racines rien du tronc
L'écorce rien de ce qui l'a fait écorce
Et les branches qui s'élancent
Ou celles qui se penchent
Ne savent rien non plus de ce qui les porte
Comme le limbe de leurs feuilles
Aussi du pétiole qui les lie

On irait même jusqu'à dire :
Les bourgeons ignorent le secret des fleurs,
Les fleurs, celui du fruit amer
Le fruit amer, celui du fruit mûr
Le fruit mûr ne sait rien des secrets
Il gémit seulement de sa maturité solitaire
Et craint - mais il ne sait encore pourquoi-
L'insecte porté par la brise du soi
r.

(L'insecte engagé sans le savoir par le vent qui passe)

1 commentaire:

  1. Que savons-nous de nous-mêmes ? De quel bois sommes-nous faits? J'ai oublié mes racines et des branches ont cassé.
    Il paraît que les arbres gardent la "mémoire du vent" et savent de quel côté pencher pour grandir...
    Beau poème encore, délicatement bucolique.

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