Tes yeux sont des flots de brumes noires
Je suis la terre ingrate qu'ils recouvrent.
L'encre nourrit leur iris de petits papillons de cannelle
Et ton regard anthracite éclôt de l'arabesque de leur vol
Paon de la nuit ou paon du jour
Ils mènent ton visage au bord de ma misère
Ce qui nait dans les mots
C'est ce qui s'y affole.
dimanche 24 août 2014
mercredi 20 août 2014
Rumeurs des jours et des nuits(28)
Le santal a des mains
Qui ont la forme de ton visage
Des mains aux ailes de trèfles et de lavande
Qui figent les colibris d'Atlante
Lorsque citrons et pourpres
Ils blottissent sur tes lèvres
Les mots que les hommes ne disent pas
Le zéphir emporte alors
Les baumes de mélisse et de menthe
Qui glissent de ta bouche échouée
Sur les larmes vermeilles
Où se noie le souffle des sirènes
Quand trop tard pour le ciel
Les oreilles se taisent et les langues écoutent
Il y a des îles disparues
Enchâssées dans le vide sonore
Plus belles encore
Que les fantômes liquides aux berges turquoises
Plus chaude encore
Qu'un soleil que la nuit embrasse
Ce sont des mots enfouis
Dans des phrases avares
Où tes hanches et tes seins
Dansent librement encore
Entre les virgules
Lorsque le santal avait tes mains
Et qu'il léchait les plumes teintes
De mon corps en guenilles.
lundi 18 août 2014
Rumeurs des jours et des nuits(27)
J'écris dans mes veines les fables d'aujourd'hui.
Je tête aux esprits morts les contes de demain.
Ce sont des mains qui brûlent les signes
Et enflamment les phares
C'est la paix vierge de la terre aveugle
D'avant les sillons, d'avant les pâtures
Lorsque ses yeux calcaire
Cherchaient l'argile d'Adam
Dans les cavernes du ciel
C'est la paix vierge de la terre aveugle
Qui clôt la bouche des Dieux
D'un amour sans parole
Une offrande muette à ce qui vit
Qui est ce qui vit, vieillit et meurt
C'est l'amour sans nom
L'impulsion ignorante des mots et des choses
L'origine bienveillante qui balance les berceaux
Et creusent les tombeaux
J'écris dans mes veines les fables d'aujourd'hui
Je tête aux esprits morts les contes de demain
Dans ces mots absents
Qui cherchent au large du monde
Les chants de sa présence obscure.
Rumeurs des jours et des nuits(26)
Il y a des villes qui flottent sous les nuées chagrines d'un ciel de son et de sésame, des avenues aux blés fertiles qui engloutissent les nuages et survolent les astres où fleurissent les narcisses. Ce sont des villes que guettent la vérité des tombes et le mensonge des berceaux.
Il y a des oiseaux aux plumes d'air et aux langues de feu qui bouchent nos oreilles de leurs oeufs de plâtre, et des ailes qui battent le vent vers de nouveaux rivages aux tempêtes topazes. Ce sont les oiseaux que dessinent sur les eaux des enfants nus et taquins.
Il y a des yeux qui arrondissent les courbes et entourent les cercles de spirales enfumées où tout ce que l'on croit prend le temps de se détruire, et dans ces cercles, les points alors se délient et s'envolent à travers les fenêtres humides qui empêchent les destinées.
Il y a des villes d'orages, des oiseaux aux rivages immobiles et des yeux de velours qui fixent dans le temps des germes de vérité aux cercles inconsistants...Dans la limpidité de l'air, de petits points comme des subtilités précieuses que portent la houle et la trame des jours.
Et les myrtilles toute à leur noirceur se maquillent d'aurores où j'attends le silence et ses arrêts implacables.
dimanche 17 août 2014
Rumeurs des jours et des nuits (25)
J'ai vu en ces jours de solitudes plates
L'infini prendre la forme des dimanches
Et l'ordinaire se répandre dans la poussière vivante des choses
Entre les murs que ferment les portes
Je suis nu, dans une pitié désolée
A observer ma figure insondable
Comme l'ombre de l'être
En quoi tout ce qui est
Arrive
A travers des fenêtres de mer
A travers le tourbillon qui s'échappe
A travers les visages transparents
A travers le reflets des échos
Qui détonnent dans ma poitrine déchue.
Des coquilles de repos
Se dandinent par ci par là
Je m'y enfonce comme dans un bonheur pur.
Rumeurs des jours et des nuits(24)
Nos bras étreignent des gouttes de lueur
Et les jours prennent des couleurs sous-marines
Nos regards clos enfin
Et les cendres livides qui roulent sur les flots.
Poèmes de l'insignifiance (24)
Les roseaux tranquilles
Plantent des sourires patients
Dans les villes assoiffées
Et sous la bise endeuillée
S'épanche les tristesses de toujours
Alors j'ai défait les liens qui me retenaient à moi-même
Et du fond de ma chair hurlé au ciel de plonger dans la mer
Des chants d'enfants
Courbent la nuque des vieillards
Des évêques nus virevoltent
Au dessus des couches où l'on se dérobe
Et où veillent des désastres de glace
Alors j'ai fermé les routes qui conduisaient à moi-même
Et du fond de mes cités endormi ce qui se coulait dans le sang
Des rêves de chiens
Filent la trame des chemins du soir
Et dans la large allée que personne ne perçoit
Des chamans barbares ont les gestes funèbres
Des fleuves déçus et des mois amers
Alors j'ai éveillé des pommes douces suspendues aux astres parfumés
Et du fond de mes foules des spectres armés qui dansent sur la nuit...
Plantent des sourires patients
Dans les villes assoiffées
Et sous la bise endeuillée
S'épanche les tristesses de toujours
Alors j'ai défait les liens qui me retenaient à moi-même
Et du fond de ma chair hurlé au ciel de plonger dans la mer
Des chants d'enfants
Courbent la nuque des vieillards
Des évêques nus virevoltent
Au dessus des couches où l'on se dérobe
Et où veillent des désastres de glace
Alors j'ai fermé les routes qui conduisaient à moi-même
Et du fond de mes cités endormi ce qui se coulait dans le sang
Des rêves de chiens
Filent la trame des chemins du soir
Et dans la large allée que personne ne perçoit
Des chamans barbares ont les gestes funèbres
Des fleuves déçus et des mois amers
Alors j'ai éveillé des pommes douces suspendues aux astres parfumés
Et du fond de mes foules des spectres armés qui dansent sur la nuit...
vendredi 15 août 2014
Rumeurs des jours et des nuits(23)
Morceaux de mer, morceaux de vent
Etoiles de mots, alcool de brumes
Clarté d'oubli, souvenirs doux
Des pays de lunes et de brises
Qui bercent ta blessure tendre
Dans les jardins abandonnés du midi
Morceaux d'écailles, morceaux de voiles
De ta gorge c'est une ombre qui s'envole
Sous un ciel à la lumière frivole
Ce sont des pays où meurent les horizons
Ceux dont le temps se teint
Quand tu marches aux lisières de ton hiver
Morceaux de flammes, morceaux de plumes
Il y a des rois étranges aux trônes errants
Vagabonds qui enlacent tes paupières closes
D'où tu observes les choses
Ce sont ces rois étranges
Morceaux de bris, morceaux de choses
Qui conduisent les regards de tes jours
Aux sources de ta vue .
(Là où de petits vers jaunes et noirs
Grattent l'empreinte du soleil)
jeudi 14 août 2014
Rumeurs des jours et des nuits (22)
Les matins où ils marchent
Tunnels humides et chauds où ils sont nés
Ont des futurs de métal et d'acier
Et les morts ont plus d'espérances encore
Ils avancent et trébuchent
Sur les trottoirs de leur nuit
Et nulle lueur, nulle pâleur même
De la lumière de l'aube ou de l'éclat du midi
Ne s'étale sous leur pas
Hier, aujourd'hui et demain
Les secondes, les minutes et les heures
Sont les plaines grises où croissent
Leurs champs de chaînes et leur verger d'écrous
C'est la fureur du métal et du feu
Qui agite leur vie dans le jeu des pistons
C'est la rengaine des muscles et des bielles
Qui danse comme des courroies ivres
Dans un corps de plaies et de sueurs
Mais, dans ces rues où ils rampent
Leurs enfants aux avenirs d'écchymoses
Dans cette nuit qui est la leur
Au loin scintillent et endorment leurs coups
Tunnels humides et chauds où ils sont nés
Ont des futurs de métal et d'acier
Et les morts ont plus d'espérances encore
Ils avancent et trébuchent
Sur les trottoirs de leur nuit
Et nulle lueur, nulle pâleur même
De la lumière de l'aube ou de l'éclat du midi
Ne s'étale sous leur pas
Hier, aujourd'hui et demain
Les secondes, les minutes et les heures
Sont les plaines grises où croissent
Leurs champs de chaînes et leur verger d'écrous
C'est la fureur du métal et du feu
Qui agite leur vie dans le jeu des pistons
C'est la rengaine des muscles et des bielles
Qui danse comme des courroies ivres
Dans un corps de plaies et de sueurs
Mais, dans ces rues où ils rampent
Leurs enfants aux avenirs d'écchymoses
Dans cette nuit qui est la leur
Au loin scintillent et endorment leurs coups
Rumeurs des jours et des nuits(21)
On ne sait
Pourquoi les nuages frissonnent-ils
Lorsque la terre sanglote sous le jour ?
Pourquoi les filles aux rêves aquatiques
S’endorment-elle quand la brise s’apaise ?
Pourquoi les libellules liquides dansent-elles
Comme des vapeurs d’ombres
Sur les horizons mélancoliques
De feux agonisants?
Pourquoi les eaux des marais amers
S’inclinent-elles devant les soirs
Et caressent-elles cet innocent enfant du jour
De leurs reflets de lune ronde ?
On ne sait.
Mais il y a une buée douce
Posée sur tes yeux de lauriers roses
J’y dépose deux larmes bleues
Comme le serviteur infidèle
Des couleurs endormies dans le ciel.
On le sait.
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