Les roseaux tranquilles
Plantent des sourires patients
Dans les villes assoiffées
Et sous la bise endeuillée
S'épanche les tristesses de toujours
Alors j'ai défait les liens qui me retenaient à moi-même
Et du fond de ma chair hurlé au ciel de plonger dans la mer
Des chants d'enfants
Courbent la nuque des vieillards
Des évêques nus virevoltent
Au dessus des couches où l'on se dérobe
Et où veillent des désastres de glace
Alors j'ai fermé les routes qui conduisaient à moi-même
Et du fond de mes cités endormi ce qui se coulait dans le sang
Des rêves de chiens
Filent la trame des chemins du soir
Et dans la large allée que personne ne perçoit
Des chamans barbares ont les gestes funèbres
Des fleuves déçus et des mois amers
Alors j'ai éveillé des pommes douces suspendues aux astres parfumés
Et du fond de mes foules des spectres armés qui dansent sur la nuit...
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