Le feu aligne ce qu’il annule
Toits, forêts, villes
Rien n’arrête sa gravité souple
Il traverse tout et tout le traverse.
Collé à la terre mais ambitieux
Il aspire aussi aux prétentions
De l’air.
Alors il se tend et se dresse
De toute sa hauteur
S’affine aussi, perd de sa masse
S’effiloche jusqu’au point ultime
Où il finit.
Le voilà entouré d’air
Enserré dans l’air
Enceint de son espérance d’être
Il gonfle et s’enrage contre ses remparts
Qui le contraignent
Mais bientôt éreinté de ces luttes
Il retombe et ramasse en lui
Toute la mélancolie
D’avoir voulu exister.
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