jeudi 28 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits (30)

             L’eau


Mon âme s’est ceinte de guirlandes
Aux sourires obscurs et vénéneux
Sous ma peau se sont joints tes mots
               
                 La terre

Ta peau est légère et translucide
Le verbe la touche et la blesse
Comme une écorce sans tain

    L’eau

Des cèdres poussent de mon ventre
Si grands que leur ombre les avale
Et s’évade de ce qui les fait ombre

                La terre

Cette ombre libre danse autour du monde
Et tu ne peux rien en ôter
Pour l’offrir à ce qui n’est pas elle, moi

   L’eau

Les racines sont des paroles mobiles
Elles germent dans ce jardin des songes
Que tu enrichis des arabesques de tes rêves
      
    La terre

Et tes lèvres dorment dans les branchages
Ondulent dans la brise de ton souffle
Là- haut où coulent les rivières d’automne


                 Le créateur

Jamais les mots ne diront
Ce que les mers lunaires cèlent
Sous des lits de peine
Et des cieux de chrysanthème
Où tu longes sans le savoir
Une vie qui s’efface
Dans une terre qui se fait eau.




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