Mon âme s’est ceinte de
guirlandes
Aux sourires obscurs et vénéneux
Sous ma peau se sont joints tes
mots
La
terre
Ta peau est légère et translucide
Le verbe la touche et la blesse
Comme une écorce sans tain
L’eau
Des cèdres poussent de mon ventre
Si grands que leur ombre les
avale
Et s’évade de ce qui les fait
ombre
La terre
Cette ombre libre danse autour du
monde
Et tu ne peux rien en ôter
Pour l’offrir à ce qui n’est pas
elle, moi
L’eau
Les racines sont des paroles
mobiles
Elles germent dans ce jardin des
songes
Que tu enrichis des arabesques de
tes rêves
La terre
Et tes lèvres dorment dans les
branchages
Ondulent dans la brise de ton
souffle
Là- haut où coulent les rivières
d’automne
Le créateur
Jamais les mots ne diront
Ce que les mers lunaires cèlent
Sous des lits de peine
Et des cieux de chrysanthème
Où tu longes sans le savoir
Une vie qui s’efface
Dans une terre qui se fait eau.
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