jeudi 12 novembre 2015
Chemins d'abîme (9)
Silence à l'entour
Puis un aboiement
Comme une indiscrétion
Dans le vif de l'omission
Entre deux ombres bleutées
Une lumière mobile
Qui s'unit à l'obscur
L'obscur pourtant
Eclaire l'obscur
Lumineux un instant
Le mystère fuit
Dans les sous-sols
L'accord des criquets
Et l'espoir du trèfle
Font craindre le pire
mercredi 11 novembre 2015
Chemins d'abîme (8)
Le souffle glisse
Glaise et marne
Aubes aux crépuscules mêlées
Sombres lourdeurs
Parmi celles qui me cousent
Au moins
Prendre part
A l'ombre
Glaise et marne
Aubes aux crépuscules mêlées
Sombres lourdeurs
Parmi celles qui me cousent
Au moins
Prendre part
A l'ombre
lundi 2 novembre 2015
Les Confins : s'ouvrent hautes vagues sous la voile des mers (4)
Du côté des falaises et des îles, une nécropole fugace, fureurs et clameurs de mer, déserts au milieu d'ondes enragées et de ressacs obscurs, havre des houles blessées, épluchées, vidées, ces grands noyers étranglés sous les mots du vent, et année sur année, s'accumulant en sécheresse d'écorce et d'os, moissons des sables et les siècles, sédiments sous les jours factices, qui vieillissent aussi sous les soleils contrefaits... Fausse monnaie du temps...Et sur les grèves tant désirées les germes et les présages des combats futurs.
La mer a tourné le dos au ciel et des femmes d'une plume de flot ont volé à l'écume ses tirades d'exil qu'elles pétrissent maintenant dans leurs flancs. Leurs ventres sont les scribes qui chantent les oracles dans les bourrasques de soufre où soufflent les tempêtes.
Ecoute, écoute les voiles de la mer qui annoncent les fleuves et qui bercent les nuages alors que sous ta peau... De petits mollusques de verre qui fouissent ton sol...
Ecoute et entend ce qu'aux horizons se trame sans toi, ce qui t'ignore, ton absence vivante aux choses qui tournent et retournent à elles-mêmes en se gaussant de ta soif.
Ecoute, minuscule, ce qui reste des géants que tu as aimés, le silence brutal des idiots.
La mer a tourné le dos au ciel et des femmes d'une plume de flot ont volé à l'écume ses tirades d'exil qu'elles pétrissent maintenant dans leurs flancs. Leurs ventres sont les scribes qui chantent les oracles dans les bourrasques de soufre où soufflent les tempêtes.
Ecoute, écoute les voiles de la mer qui annoncent les fleuves et qui bercent les nuages alors que sous ta peau... De petits mollusques de verre qui fouissent ton sol...
Ecoute et entend ce qu'aux horizons se trame sans toi, ce qui t'ignore, ton absence vivante aux choses qui tournent et retournent à elles-mêmes en se gaussant de ta soif.
Ecoute, minuscule, ce qui reste des géants que tu as aimés, le silence brutal des idiots.
samedi 31 octobre 2015
Les Confins : s'ouvrent hautes vagues sous la voile des mers (3)
Dormez instants, couvrez vos prunelles, endormez vos foulées, que vos allures désormais immobiles suspendent la lumière et dénouent l'opacité de ses mains nacrées. Et sortir de la clarté amère de la nuit qui couche la foi dans un lit de tromperie. Et fuir le jour dont l'aube coud déjà les habits d'imposture.
Il me faut une clarté sans l'obscur, un matin sans le soir, une vague sans la mer, ce que tu es, toi, comme une bonté douce et vermeille sur un seuil où rien ne s'accorde, la présence vibrante de ce qui se tait sous l'attente, toi comme la traversée de l'océan unique qui rejoint seulement ce qui échappe, le fleuve inespérable et ses bras qui dansent par dessus mes territoires inféconds dans la tombe de mes jours.
Et être, dans ce qui s'approche, le regard que le miel porte aux abeilles, et naitre par toi, dans l'empire immortel du dénuement, n'être plus enfin et ne vivre qu'entre tes mots de chair et tes larmes de geai qu'une terre étrange et que je ne connais pas abreuve du sang de ses sources invisibles...Monter à ta source et boire à la coupe de tes eaux sanguines.
Ce qui attend est ce qui voyage.
Est aussi ce qui se recueille au fond de ces golfes où les vents se nourrissent de leur sommeil.
jeudi 22 octobre 2015
Les Confins : s'ouvrent hautes vagues sous la voile des mers (2)
Aux avers,
effigies de sel sur l’écume incendiée de jours, voiliers ardents s’inclinant sous des
souverains de vent, frégates sous la fronde des orages, hivers des songes où les
vaisseaux parmi les phares sont submergés par ce qui souffle sans se nommer, écueils engloutis
qui ouvrent des chemins de périls dans les flancs des coques, et l’absence des gabiers
dansant sur les rivages où les mères creusent les tranchées funèbres que fraie l’oubli endormi
dans le sable. Grand voile couchée, humiliée, rampant sous les mortes-eaux
lorsque les marées passent et repassent les vents...Et des mats, comme pierres levées offertes au poing fermé du ciel, des mats aux ailes de marsouins, face
aux nuages aux turbans aveugles où se jettent les ancres et les mots qui les
suivent jusque sur le front azur où
s’écrivent les quêtes...
...Au loin les hauturiers sous le vent...
Aux revers, sous
les embruns des danses sorcières, des mangeuses de fruits amers, de celles qui
glissent sous la peau, aux parfums de myrtilles et aux regards de jaspe, de celles qui chantent
aux étendues les murailles dissipées sous l’ombre du regard, des cils aux ailes
muettes et vierges jamais épuisés jamais ensevelis, des cils aux nages
d’Antilles et des ventres qu’ils étendent sur le fond des mers, comme une piste
ouverte sur la nuit, où se cousent les
déserts d’été quand l’ombre s’allume des feux des coraux et que les aubes
plantent des oboles de lune dans les gouffres que taisent les eaux....
...Aux amers envers des avers de mer....
Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (76)
De ma prison, les bords…
De
l’intérieur
J’observe
ma demeure
Et
je n’y vois aucun espace
Aucune
image d’aucun lieu
Seulement
le temps qui y vit
Une
demeure sans abîme
Un
champ plat de pensées
De
fragments inachevés
Qui lèvent des paroles
Et
puis retombent
J’ai
honoré ce qui n’était pas
Par
lâcheté de ce qui était
Refusé
à la nuit
Aux
jours,
Aux
heures
Aux
fleuves
Aux
nuages
Aux
cieux
La
simplicité de ce qu’ils étaient
J’ai
oublié la grande paix de l’inerte
Et
me suis agité dans la pierre
Je
parle de ma geôle
Au
centre de cette demeure
Avec
des mots délaissés
Des
mots qui perdent leur coque
Qui
perdent leur croûte
Au
bord de routes
Où
tout s’attend et rien ne s’accomplit.
dimanche 11 octobre 2015
Les Confins : s'ouvrent hautes vagues sous la voile des mers....(1)
Et les ports, simulacres d'havres portés par les vagues, vomissent leur écume aux feux de Saint-Elme et les vagues, fatiguées du ressac qui les noient, fleurissent maintenant aux lieux des rêveries et des mirages, oeuvres vives des carènes enflammées, Chimère mortelle aux yeux d'aspic convoitée des armées d'os et de chair, janissaires ailés des songeries en Hautes Capitaineries...
Parmi les Confins s'ouvrent aussi hautes vagues sous la voile des mers, hautes vagues qui s'éveillent dès le ventre des femmes comme le pouls où l'anémone des récifs...Ce qui naufrage est ce qui croise dans l'océan invisible et les regrets preuves du bonheur été....Anémone où les récifs acérés se posent et se polissent...Récifs de pleine mer qui percent seulement l'ombre de l'eau qui passe....
Voix d'ivresse, ce qui sonne et résonne sous les arches de la nuit effacée..
mardi 6 octobre 2015
Les Confins : Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(13)
Le séjour, l'invisible présence, spontanéité transparente parmi les choses du monde, demeures étranges et fugaces qui assoiffent plus qu'elles ne comblent et qui des murs exigent toujours plus pendant que des années frivoles s'écoule comme un poison ignoré tant de ce lait sans épaisseur et sans couleur dont ce qui se hante est fait
Le séjour, ni lieu ni domicile, flots vagabonds au devant des matins, errant immobile au milieu des savanes ensommeillées, domaine des laves sauvages où se compriment la réticence et la discrétion, chemins d'ambroisie, routes d'abondance où l'épine nourrit, le feu noie et la farine s'offusque, chants sans éloge qui nourrit la sédition, retraite au milieu de ce qui grouille et pullule sur les peaux où grandissent les écailles, et les coquilles aussi où poussent les croûtes et les dépits, le séjour encore, où la mesure et l'étendu s'évaporent sur les seuils des chaudrons où cuit la terre - là où les hommes toujours eux, et les femmes aussi portent le fer dans les coeurs de mer, abandonnent des vautours aux abords des jardins d'enfants, lancent vers le ciel des piques vermeilles où crient encore les nerfs et les viscères, couchent à même le sang frais que leurs chiens boiront plus tard après le viol et l'excrément, embrassent les têtes tranchées et les plantent dans les labours de la paix et de l'amour, dans les chaudrons où cuisent les terres que les hommes vomissent - hôte qui n'abrite rien et que rien ne protège, unique et seul, aboli par les mots qui en sont l'offrande ignorée, limpidité innocente que refusent d'obscurcir les distances et dissoudre les secondes, royauté de la la lenteur, de la courbe et de l'arrondi où s'épuisent l'angle et le mètre...
Le séjour réside comme un anneau que doublent les Confins.
lundi 5 octobre 2015
Les Confins : Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(12)
Au loin, la berceuse des exils, au loin les Confins, eux, les Lois infinies du minuscule, du grain et de la poussière, Edits du silence rieur lorsque la fureur entonne ses chants et remplit les gouffres de son souffle de sable, rétines de l'abîme glissant sur les pentes bleutées du stérile et de l'infécond, quand des vents du vide des poignées de graines dans les jarres du monde éclosent là où l'air expire et les regards s'aveuglent ... Ainsi les pupilles où se vainc la lumière sont les Terres sur lesquelles les hommes meurent en exode et souffrent encore dans l'ombre de leurs prunelles ... Fuir, fuir les éclats âpres, la scintillance, les embrassements et les clartés de leurs nuits, surtout incendier les visions, incarcérer la forme des spectres...Disparaitre sous les éclipses comme un Prince dans l' énigme incertaine de son Royaume ... la langue sous le bâillon des mots...entre les lèvres de l'incommensurable et de l'extrême...
Hommes nés d'entre les bornes, enfants de la limite et de la misère, comme un lambeau d'éternité voguant parmi les immensités sans parties, sous la pèlerine des siècles, Hommes aux futurs vierges d'avenir, aux saisons de pluies et de sécheresse... Las de planter ce qui meurt et de faire mourir ce qui revit, las de ce qui est et passe, de ce qui s'efface et revient toujours sur la crête fatiguée de la même vague, au milieu de bordures habiles mais infidèles, mille mains ne suffisent pas, dans cet empire restreint où rien ne se quitte, à rejoindre le séjour où s'accueille et s'abandonne ce qui naît et s'étale... Ombres âcres comme un urticaire sur le dos du Temps, hommes oublieux de la garde et les Confins au Dehors indifférents à la fortune, absolus de l'inconscience où rien ne se juge du déroulement des chaines enfiévrées...
Tout n'est que solitude et aridité lorsque ce qui vit s'engendre de l'âme des morts.
samedi 3 octobre 2015
Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (78)
Villes
blanches, femmes blanches
Parmi
les virgules et les points
Où le
poids des ombres
Revient
et s’affaisse
Villes
bleues, femmes bleues
Aux yeux
invisibles
Spirales
concentriques
Où se
perdent les soleils de la nuit
Villes
d’ambre, femmes d’ambre
Posées
sur une mer de spectres
Où
chantent des rossignols
Aux
destins de dagues et de poisons
Vieilles
villes
D’avant les
refrains sombres
Que les
cyprès murmurent
Aux
oreilles d’un ciel de lierre
Nos
villes anciennes
Pénétrées
des psaumes des morts
Portés
sur le dos des spectres
Dans la
substance lumineuse
Des
tramways du soir
C’est le
récitatif des jours secs
Aux
heures absentes
Des
derniers pas
C’est le
récitatif des crêtes de sables
La
procession des lémures
Chantonnant
les vies glacées
La désapprobation
des peurs froides.
(Les
vivants - que j’envie - n’ont eux rien à en craindre)
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