Qu'on le veuille ou non, c'est une impasse docile
où se pressent des chemins en déroute
La solitude s'agite
quand les soirs somnolent,
avides toujours d'éclat
sur le miroir des jours
On ouvre ses bras
Et c'est la sécheresse des plaies
qui se déchirent pour se faire un visage
On couche avec le sang qu'on étreint ?
Le soleil se lève sur les lèvres
puis le regard violé trahit
des brisants de lune et de cailloux.
mercredi 15 mai 2019
lundi 13 mai 2019
La Nuit, encore (3)
Le souffle vient de la terre
Né des taillis obscurs
Remue dans le secret des puits
On y marche à rebours
Pour y voir plus clair
Quand la neige a vaincu l'argile
Les jetées touchent l'horizon
Et le large frissonne à nos pieds
Puis les murs se mettent à parler
Et l'opaque s'absorbe dans le clair
Dernière ruse de son livide appel
Dans les chairs chaudes, granit
Où se répandent les songes
Des fleuves blancs, flots incurables,
Épuisent leurs source salines
A l'heure où s'endorment les bêtes
jeudi 9 mai 2019
La nuit, encore (2)
Regards parcourant la nuit blême
Fixant ses voûtes de verre
Par dessus les routes de sable
Je ramasse des eaux mortes
Noyées dans le silence de tes pas
Fixant ses voûtes de verre
Par dessus les routes de sable
Je ramasse des eaux mortes
Noyées dans le silence de tes pas
Ramasse les traces sans poids
Des clartés de tes pluies
Où tu laissais ton ombre
Au temps des heures limpides
Comme un berceau où s’endormait l’été
Des clartés de tes pluies
Où tu laissais ton ombre
Au temps des heures limpides
Comme un berceau où s’endormait l’été
Puis le vent a posé ses lèvres
Sur la saison des étoiles
Qui levait tes paupières
Et, dans cette émeraude océane
Pénétra l’iris sombre de l’hiver
Sur la saison des étoiles
Qui levait tes paupières
Et, dans cette émeraude océane
Pénétra l’iris sombre de l’hiver
L’astre s’est couché dans l ‘azur endormi
mercredi 1 mai 2019
26, à la Mairie (3)
Un ciel sans lueur pèse sur la
terre
Les arbres ouvrent leur corolle de sommeil
L’horizon accablé étend son arc brisé
Le monde s’épaissit d’une chair de sang
De l’opacité des murs où les visages s’enferment
Le jour s’égare puis s’enfuit du vide de mes mains
Seuls tes yeux contre la nuit éclairent les toits
Et, sans rien dire des minutes où se toisent les peurs,
Couvrent les plaies qui naissent
des berceaux
L’origine mortelle posée sur chaque matin
Ce qui bat aux coeurs, la cicatrice brûlante
A laquelle la quête se résume
Quête de vent qu’exige le sépulcre
Ce chaudron froid où s’ignorent les os
Où le néant méprise le néant
mercredi 24 avril 2019
La nuit, encore..(1)
C’est un oiseau aux
ailes d’ombre
Survolant de sa
vague froide
La pénombre sèche
des nuits
Sur cette immensité
obscure
Il déchire de ses
tempêtes
Le voile brûlant qui
le masque
Le jour a éteint ses
mirages
Puis s’est englouti
dans l’abîme
Au cœur de ces
ténèbres crues
L’horizon s’éclaire
de feux
Braises opaques,
lueurs aveugles
La clarté raillée,
le jour meurt
La voile sombre
s’est levée
La ruine a lancé ses
faucons
Les vaisseaux du
gouffre stérile
Sur la voute seule
et déserte
Ont jeté leurs
ancres cruelles
La nuit elle-même
renonce
dimanche 21 avril 2019
26 à la Mairie (2)
Combien errantes sont les îles
Nues et seules, en attente de la cendre
Brûlées sans un cri de lumières absentes
Parfois, lorsque l’été sous les
soirs endormis
La lune ploie vers la terre ses fruits d’ombre
On y entend des langues étrangères, des paroles en vergers
Mais de ces fleurs de brume rare où flâne le hasard
Faut-il encore arracher le jour à la nuit
La solitude au désert
Elles bruissent de tempêtes pâles
Un grésillement de l’être vibre sous
la peau
Des rives sanglantes s’aiguisent
dans la chair
Lorsque l’impénétrable hiver calcine les âmes
Par dessus le fleuve et ses rives écartées de ses vagues défuntes
On y danse de tristes chaconnes sur des ponts de poussière
Et qu’importe si toujours la lumière hésite
Comme une évidence dans l’obscur
Comme un été mêlé à la boue.
26 à la Mairie
Le cœur ne bat plus qu’au milieu des heures exsangues
La solitude est un fruit de rosée
où s’éclaire l’appel
La poussière douce des jours qui rosit de mes joues
Des anneaux de passages qui trompent la mémoire
Je marche sur ces trottoirs où affleure le passé
Parmi les quartiers hantés de ce qui s’y est éteint
Dans l’abandon de ce qu’ils cèdent à la mort
Enfants des rues sous un soleil immobile
On n’entend rien sous l’aplomb du
silence
Qu’importe si la source ne porte plus paroles
Car la moisson du jour lie en
gerbes perdues
Les sèves mortes pour les songes de demain
Je marche à travers ce qui vient de loin
Dans un mirage où s’entrevoit la chair du temps
Lorsque du sable je jette un regard aux étoiles
Il est des nuits comme partout des jours
Où rien ne nait des aubes
Quand les crépuscules n’épuisent rien de leurs sangs.
dimanche 3 février 2019
L'accord majeur (2)
J'évoquais le chant d'un chemin, la borne disparue qui cherche la voix de demain, un compagnon de cailloux ou de boue sèche
qui déroute les astres et trace, sur les pas des nuages, par dessus les étoiles, des nefs de pierres et de vents où assoir son temps.
Siège fragile échappé dans le chœur des heures, petit chant des rivières s'écoulant comme un matin qui s'oublie.
qui déroute les astres et trace, sur les pas des nuages, par dessus les étoiles, des nefs de pierres et de vents où assoir son temps.
Siège fragile échappé dans le chœur des heures, petit chant des rivières s'écoulant comme un matin qui s'oublie.
L'accord majeur (1)
Ce qui se passe, ce qui se meurt,
que le jour emporte et la nuit pleure,
l'éclat ailé de ce qui attend
que le jour emporte et la nuit pleure,
l'éclat ailé de ce qui attend
samedi 2 février 2019
Les Plaines (7)
Voyons la nuit
Non pas encore la nuit,
Ni l'aube, ni le soir
Nous marchions
L'eau bourgeonnante d'écume
D'ondes bleues sous des ruisseaux de lune
Mais ce n'était pas la nuit,
Mais ce n'était pas le jour
Nous marchions
Sous les galeries du ciel
Sur des torrents blanchis
A portée de parole
Et les fièvres anciennes
Dans la rumeur des gorges
Arrachait une voix
d'épines arides
A la langue harassée.
Dans cet air limpide
Où l'enseveli offrait
un silence laineux
Aux échos oubliés de la vie
Voyons les ombres
Non pas encore les ombres
Ni l'obscur, ni le tu
Je voyais dans ces buissons
Seulement les lueurs en fleur
Nature profonde aux souffles voilés
Qui brûlent mes yeux
En y posant son givre
Mais ce n'était pas l'hiver
Ce n'était pas l'été
Dans les plaines.
Non pas encore la nuit,
Ni l'aube, ni le soir
Nous marchions
L'eau bourgeonnante d'écume
D'ondes bleues sous des ruisseaux de lune
Mais ce n'était pas la nuit,
Mais ce n'était pas le jour
Nous marchions
Sous les galeries du ciel
Sur des torrents blanchis
A portée de parole
Et les fièvres anciennes
Dans la rumeur des gorges
Arrachait une voix
d'épines arides
A la langue harassée.
Dans cet air limpide
Où l'enseveli offrait
un silence laineux
Aux échos oubliés de la vie
Voyons les ombres
Non pas encore les ombres
Ni l'obscur, ni le tu
Je voyais dans ces buissons
Seulement les lueurs en fleur
Nature profonde aux souffles voilés
Qui brûlent mes yeux
En y posant son givre
Mais ce n'était pas l'hiver
Ce n'était pas l'été
Dans les plaines.
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