De ses sources murmurantes
Un souffle leste un ciel que les horizons ont fui
Nos yeux bornent de lisières
nos visages dispersés, sables épars
fragments de sel mêlés au vent
Puis ouvrent les paupières de la blessure cachée
La douleur d'Aden aux ailes repliées
comme une ombre sanglante
à chacun de nos pas
dimanche 23 juin 2019
samedi 18 mai 2019
La Nuit, encore...(6)
Qu'y a-t-il entre les étoiles ?
Les pièges tendus au ciel ont la mâchoire des masques de chair.
Les pièges tendus au ciel ont la mâchoire des masques de chair.
Des horizons restreints aspirent aux rives
d'un mirage où s'achèvent les rêves,
ces routes béantes des chagrins errants.
Des égarements lunaires mènent aux impasses notoires
pendant que prie l'étroit espoir de la source blessée.
D'aucuns posent un voile par dessus ses toits
et observent sans s'émouvoir un ciel trop bas,
aux lumières sourdes d'un éclat boiteux
Entre les étoiles
La grimace enclose de murailles d'argent,
Le passager des saisons ne sent rien des portails,
clos et fermes, sous le pont des paupières,
lorsque les cils qui les portent vident leurs larmes.
Quand partout les échos en fleurs parcheminent le vent,
leurs graines s'envolent dans le bec des hiboux.
On cueille des ruines dans l'agonie des prés
le long des sentiers où renaissent les morts
Entre les étoiles, là où nous sommes.
jeudi 16 mai 2019
La Nuit, encore.... (5)
Du haut de l'abysse, la pente où l'on aimerait glisser
Et dans tes yeux, les ténèbres où l'on aimerait mourir
Tu es la berge du printemps, une caresse aux siècles absents
Ton visage nait de la brise chaude d'un regard
comme un rêve qui se lève d'une rumeur brûlante
On guette une averse d'azur sans attendre les heures
et, entre les murs, l'étreinte du temps
oublie le poids des fontaines amères
Les cimes touchent les ruisseaux du ciel
La terre se veut liquide et les eaux deviennent sèves
se lève la vie au front des cadavres
et le tombeau s'anime d'un tango joyeux et bavard,
se jouant des cachettes, des secrets et des ruses
La nuit se meurt dans le refrain des jours
Le couplet que siffle en rêvant les morts de demain
n' a de souffle que celui de l'enfer
et si tes ombres réveillent la complainte du pendu
c'est le sable et le vent seulement qu'agite sa langue
Sa vie se vide parmi les reflets d'une fenêtre déchue
Cette faveur nue et innocente du firmament cadenassé
s'enroule dans ses prisons muettes et ses aveux masqués
puisque, dans cette course immobile, sous une lueur équivoque
les fantômes ne peuvent se dire.
mercredi 15 mai 2019
La Nuit, encore...(4)
Qu'on le veuille ou non, c'est une impasse docile
où se pressent des chemins en déroute
La solitude s'agite
quand les soirs somnolent,
avides toujours d'éclat
sur le miroir des jours
On ouvre ses bras
Et c'est la sécheresse des plaies
qui se déchirent pour se faire un visage
On couche avec le sang qu'on étreint ?
Le soleil se lève sur les lèvres
puis le regard violé trahit
des brisants de lune et de cailloux.
où se pressent des chemins en déroute
La solitude s'agite
quand les soirs somnolent,
avides toujours d'éclat
sur le miroir des jours
On ouvre ses bras
Et c'est la sécheresse des plaies
qui se déchirent pour se faire un visage
On couche avec le sang qu'on étreint ?
Le soleil se lève sur les lèvres
puis le regard violé trahit
des brisants de lune et de cailloux.
lundi 13 mai 2019
La Nuit, encore (3)
Le souffle vient de la terre
Né des taillis obscurs
Remue dans le secret des puits
On y marche à rebours
Pour y voir plus clair
Quand la neige a vaincu l'argile
Les jetées touchent l'horizon
Et le large frissonne à nos pieds
Puis les murs se mettent à parler
Et l'opaque s'absorbe dans le clair
Dernière ruse de son livide appel
Dans les chairs chaudes, granit
Où se répandent les songes
Des fleuves blancs, flots incurables,
Épuisent leurs source salines
A l'heure où s'endorment les bêtes
jeudi 9 mai 2019
La nuit, encore (2)
Regards parcourant la nuit blême
Fixant ses voûtes de verre
Par dessus les routes de sable
Je ramasse des eaux mortes
Noyées dans le silence de tes pas
Fixant ses voûtes de verre
Par dessus les routes de sable
Je ramasse des eaux mortes
Noyées dans le silence de tes pas
Ramasse les traces sans poids
Des clartés de tes pluies
Où tu laissais ton ombre
Au temps des heures limpides
Comme un berceau où s’endormait l’été
Des clartés de tes pluies
Où tu laissais ton ombre
Au temps des heures limpides
Comme un berceau où s’endormait l’été
Puis le vent a posé ses lèvres
Sur la saison des étoiles
Qui levait tes paupières
Et, dans cette émeraude océane
Pénétra l’iris sombre de l’hiver
Sur la saison des étoiles
Qui levait tes paupières
Et, dans cette émeraude océane
Pénétra l’iris sombre de l’hiver
L’astre s’est couché dans l ‘azur endormi
mercredi 1 mai 2019
26, à la Mairie (3)
Un ciel sans lueur pèse sur la
terre
Les arbres ouvrent leur corolle de sommeil
L’horizon accablé étend son arc brisé
Le monde s’épaissit d’une chair de sang
De l’opacité des murs où les visages s’enferment
Le jour s’égare puis s’enfuit du vide de mes mains
Seuls tes yeux contre la nuit éclairent les toits
Et, sans rien dire des minutes où se toisent les peurs,
Couvrent les plaies qui naissent
des berceaux
L’origine mortelle posée sur chaque matin
Ce qui bat aux coeurs, la cicatrice brûlante
A laquelle la quête se résume
Quête de vent qu’exige le sépulcre
Ce chaudron froid où s’ignorent les os
Où le néant méprise le néant
mercredi 24 avril 2019
La nuit, encore..(1)
C’est un oiseau aux
ailes d’ombre
Survolant de sa
vague froide
La pénombre sèche
des nuits
Sur cette immensité
obscure
Il déchire de ses
tempêtes
Le voile brûlant qui
le masque
Le jour a éteint ses
mirages
Puis s’est englouti
dans l’abîme
Au cœur de ces
ténèbres crues
L’horizon s’éclaire
de feux
Braises opaques,
lueurs aveugles
La clarté raillée,
le jour meurt
La voile sombre
s’est levée
La ruine a lancé ses
faucons
Les vaisseaux du
gouffre stérile
Sur la voute seule
et déserte
Ont jeté leurs
ancres cruelles
La nuit elle-même
renonce
dimanche 21 avril 2019
26 à la Mairie (2)
Combien errantes sont les îles
Nues et seules, en attente de la cendre
Brûlées sans un cri de lumières absentes
Parfois, lorsque l’été sous les
soirs endormis
La lune ploie vers la terre ses fruits d’ombre
On y entend des langues étrangères, des paroles en vergers
Mais de ces fleurs de brume rare où flâne le hasard
Faut-il encore arracher le jour à la nuit
La solitude au désert
Elles bruissent de tempêtes pâles
Un grésillement de l’être vibre sous
la peau
Des rives sanglantes s’aiguisent
dans la chair
Lorsque l’impénétrable hiver calcine les âmes
Par dessus le fleuve et ses rives écartées de ses vagues défuntes
On y danse de tristes chaconnes sur des ponts de poussière
Et qu’importe si toujours la lumière hésite
Comme une évidence dans l’obscur
Comme un été mêlé à la boue.
26 à la Mairie
Le cœur ne bat plus qu’au milieu des heures exsangues
La solitude est un fruit de rosée
où s’éclaire l’appel
La poussière douce des jours qui rosit de mes joues
Des anneaux de passages qui trompent la mémoire
Je marche sur ces trottoirs où affleure le passé
Parmi les quartiers hantés de ce qui s’y est éteint
Dans l’abandon de ce qu’ils cèdent à la mort
Enfants des rues sous un soleil immobile
On n’entend rien sous l’aplomb du
silence
Qu’importe si la source ne porte plus paroles
Car la moisson du jour lie en
gerbes perdues
Les sèves mortes pour les songes de demain
Je marche à travers ce qui vient de loin
Dans un mirage où s’entrevoit la chair du temps
Lorsque du sable je jette un regard aux étoiles
Il est des nuits comme partout des jours
Où rien ne nait des aubes
Quand les crépuscules n’épuisent rien de leurs sangs.
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