Demain prend
ce que hier a perdu
Le chemin, l'ombre
les routes de misère
où tu marchais les pieds
dans ton âme en sang
On ne sait si on arrive
Si on retourne ou si on part
Les villes passent, se retirent
le soleil se voile, s'écarte
tes ailes fendent sa clarté
de s'en aller un jour
où il n'y a pas d'ailleurs
Tu épuises ta route d'ici
et la sueur et la fatigue
comme marée s'en vont et viennent
Comme poussières sous le vent
qui souffle puis se tait
Qui gît puis surgit
Comme le jour à l'aurore
Et la parole comme la vague
se lève écume vaine
Sous la lune, les étoiles
Et le silence qui les enfante
Dès demain
Lorsque trop tôt
Tu auras dissipé
le temps offert.
dimanche 1 décembre 2019
mercredi 20 novembre 2019
Les horizons verticaux (3)
Il faut prendre la route du Nord
le frisson gelé, la parole sèche
comme une buée froide au milieu des mots
Plutôt le gel et le chardon malade
les poches vides et l'idée absente
comme un air sans rythme
où chantent les banquises
Comme si glissaient sous le givre
le dernier été, la dernière lueur,
la dernière parole que nous nous offrîmes.
le frisson gelé, la parole sèche
comme une buée froide au milieu des mots
Plutôt le gel et le chardon malade
les poches vides et l'idée absente
comme un air sans rythme
où chantent les banquises
Comme si glissaient sous le givre
le dernier été, la dernière lueur,
la dernière parole que nous nous offrîmes.
dimanche 17 novembre 2019
Les horizons verticaux (2)
Se vide le jour
et de sa lumière de dimanche
le soir, masque d'ombres,
avance sur la scène
avec ses semelles de silence
On n'y voit rien.
Le nez dans le rideau
les yeux se noient
dans ce bleu de nuit
où s'étend le bouffon
C'est dans ce prélude
que nous avons appris à vivre
à chercher la voix de l'obscur
pour incendier le jour
et son astre ruineux
C'est dans la nuit
que nous sommes advenus
de la nuit que nous sommes venus
à sonder l'impalpable et le creux
n'avons-nous jamais perdu le sens de l'introuvable?
et de sa lumière de dimanche
le soir, masque d'ombres,
avance sur la scène
avec ses semelles de silence
On n'y voit rien.
Le nez dans le rideau
les yeux se noient
dans ce bleu de nuit
où s'étend le bouffon
C'est dans ce prélude
que nous avons appris à vivre
à chercher la voix de l'obscur
pour incendier le jour
et son astre ruineux
C'est dans la nuit
que nous sommes advenus
de la nuit que nous sommes venus
à sonder l'impalpable et le creux
n'avons-nous jamais perdu le sens de l'introuvable?
vendredi 8 novembre 2019
Les horizons verticaux (1)
Aux heures rubicondes
du ciel mêlé à l'écume
des lames de fond
se lèvent des estuaires
Refusent la mer
et l'argent de ses crêtes
L'horizon vertical
vomit l'ordinaire,
la climatisation des choses
dilapidées dans l'absence
et l'étreinte du vent
Rien ne grandit
de ces chambres closes
au zénith du vide et de l'absolu
quand les hommes plongent
profond sous les surfaces nues
d'une tranche
de matière brute
.
du ciel mêlé à l'écume
des lames de fond
se lèvent des estuaires
Refusent la mer
et l'argent de ses crêtes
L'horizon vertical
vomit l'ordinaire,
la climatisation des choses
dilapidées dans l'absence
et l'étreinte du vent
Rien ne grandit
de ces chambres closes
au zénith du vide et de l'absolu
quand les hommes plongent
profond sous les surfaces nues
d'une tranche
de matière brute
.
mercredi 6 novembre 2019
Automne (2)
Où donc se retourner quand l'automne
ouvre ses plaies et que coulent
de sa sève des larmes de pins et de chênes
sinon dans le vent porteur qui marie
l'avant et l'après, l'oiseau et la branche
sous un ciel gros des lourdeurs d'août.
C'est un afflux de fins et de paix
l'agitation se fige dans son lac
et les doigts se souviennent des mers
éteintes où nous trempions notre pain
dans ces jattes en grand fleurage
âtres de porcelaine où brulaient nos ardeurs.
ouvre ses plaies et que coulent
de sa sève des larmes de pins et de chênes
sinon dans le vent porteur qui marie
l'avant et l'après, l'oiseau et la branche
sous un ciel gros des lourdeurs d'août.
C'est un afflux de fins et de paix
l'agitation se fige dans son lac
et les doigts se souviennent des mers
éteintes où nous trempions notre pain
dans ces jattes en grand fleurage
âtres de porcelaine où brulaient nos ardeurs.
mardi 5 novembre 2019
Automne (1)
Qui fondent sous le soleil
Ces champs, ces arbres,
où l'automne se répand
Comme une sécheresse
à l'angle des toits
Qui percées de lumière
Ces portes, ces vitres
Quand le soir
sur les drèves
se raconte les ombres
Puis qui lève rude
le sang du matin
encore de la nuit
fatigué, à peine éclos
de l'hostilité du jour
Je regarde l'infini
s'éclairer de café
dans une tasse malpropre.
Ces champs, ces arbres,
où l'automne se répand
Comme une sécheresse
à l'angle des toits
Qui percées de lumière
Ces portes, ces vitres
Quand le soir
sur les drèves
se raconte les ombres
Puis qui lève rude
le sang du matin
encore de la nuit
fatigué, à peine éclos
de l'hostilité du jour
Je regarde l'infini
s'éclairer de café
dans une tasse malpropre.
samedi 28 septembre 2019
Zemmour
Viens de voir en direct les premiers échanges de la
Convention des Droites organisée par La Maréchale. En ouverture du bal Eric
Zemmour (on applaudit bien fort) :
Une demi-heure de paranoïa apocalyptique, de haines et de vanités mal dissimulées, de poncifs d'extrême d'extrême droite (le RN à côté est un parti centriste), une intelligence de slogan et de lieux communs, un homme fatigué, sans énergie, démoralisé, accablé, quémandant des yeux un accord des conscience, des références à Renaud Camus, au delà même de Joseph de Maîstre, qu'il cite mais dont il ne partage pas le talent, un appel constant au bon vieux temps de Charles Martel en passant par le siège de Vienne, dans un salmigondis d'ironie amère, de propos outrés, d'élucubrations sans fondements. C'est un homme déjà fini qui exhorte sans conviction à la politique mortifère d'un désespoir rance et sordide. Il pourrait être un de ces merveilleux médiocres des romans de Houellebecq (c'est d'ailleurs peut-être pour cela qu'il l'apprécie)
Sans la moindre solution aussi.
Une demi-heure de paranoïa apocalyptique, de haines et de vanités mal dissimulées, de poncifs d'extrême d'extrême droite (le RN à côté est un parti centriste), une intelligence de slogan et de lieux communs, un homme fatigué, sans énergie, démoralisé, accablé, quémandant des yeux un accord des conscience, des références à Renaud Camus, au delà même de Joseph de Maîstre, qu'il cite mais dont il ne partage pas le talent, un appel constant au bon vieux temps de Charles Martel en passant par le siège de Vienne, dans un salmigondis d'ironie amère, de propos outrés, d'élucubrations sans fondements. C'est un homme déjà fini qui exhorte sans conviction à la politique mortifère d'un désespoir rance et sordide. Il pourrait être un de ces merveilleux médiocres des romans de Houellebecq (c'est d'ailleurs peut-être pour cela qu'il l'apprécie)
Sans la moindre solution aussi.
Une fraude intellectuelle. Mais il vend, dans ce marketing de la diatribe haineuse où il prend sa jouissance.
mercredi 18 septembre 2019
Sous le creux des houles ( 4)
Des heures pleuvent les siècles
le savons-nous noyés dans cette mer invisible
sur laquelle nous promenons nos attentes ?
Et si des traces, des sillons ou des routes
esquissent leurs destins entre des ports de cendre
Rien ne se garde au jardin des horizons
A peine sentons-nous un peu de cette existence
qui rend la terre lourde, l'herbe crue et le ciel aride
A peine le temps d'articuler une lettre
Que les rives ont annulé le fleuve.
le savons-nous noyés dans cette mer invisible
sur laquelle nous promenons nos attentes ?
Et si des traces, des sillons ou des routes
esquissent leurs destins entre des ports de cendre
Rien ne se garde au jardin des horizons
A peine sentons-nous un peu de cette existence
qui rend la terre lourde, l'herbe crue et le ciel aride
A peine le temps d'articuler une lettre
Que les rives ont annulé le fleuve.
mercredi 4 septembre 2019
Sous le creux des houles (3)
Je cours à l'horizon des orages
quant à ma vie fermée, bâclée
comme un devoir d'écolier aux abois
elle dort sale, chiffonnée de vide
dans la penderie des morts
Je cours sans ma vie
à côté de faims tranchantes
d'autres bords, d'autres abîmes
sans jamais dire un mot
au passant qui s'en va
dans sa part de nuit où gèlent ses mots.
lundi 2 septembre 2019
Sous le creux des houles (2)
Nous ne sommes pas surpris du fruit sous la fleur
ailes de ce qui n'était pas encore
pour l'envol futur de l'immanquable
alors que sous les mots pas même une terre
moins qu'un chemin, rien que l'écorce creuse
pour noyer le silence d'un verbe sec et amer
Lorsqu'au ciel la mer monte et tremble
que tonne la voûte des vagues dans les tempêtes d'août
le regard plante son ennui, fatigué, stérile
alors qu'invisible et nu le pli voilé de la lettre
s'ensommeille dans l'éclipse du signe
endormi comme cendres dans la lumière des sources
qui brûle pourtant dans la nuit des Noms.
ailes de ce qui n'était pas encore
pour l'envol futur de l'immanquable
alors que sous les mots pas même une terre
moins qu'un chemin, rien que l'écorce creuse
pour noyer le silence d'un verbe sec et amer
Lorsqu'au ciel la mer monte et tremble
que tonne la voûte des vagues dans les tempêtes d'août
le regard plante son ennui, fatigué, stérile
alors qu'invisible et nu le pli voilé de la lettre
s'ensommeille dans l'éclipse du signe
endormi comme cendres dans la lumière des sources
qui brûle pourtant dans la nuit des Noms.
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