lundi 8 mai 2023

Les Conf' (9)

C’est le grand hivernage des choses

La cécité des pourritures froides

La terre niée, le manifeste d’hiver

 

Le grand mensonge des saisons

Et les pêchés d’hier,  les grâces de demain

 

Sous une pluie de voyelles

Sonne comme mâtines

L’inespérée insignifiance

 

Bourdon de la plaie ouverte

 

On n’exile pas le néant

Sous les vignes du vide


Les Conf (8)

 

Mais la nuit se meurt

Et dans les jours

Qui serpentent

Les corneilles attendent

S’envolent dans l’indistinct

 

La nécessité des ailes

 

La nuit se meurt

Suspendue aux mirages de l’aube

S’éparpille dans le fond sans limite

Où tout s’accorde et s’efface

 

Qui sait l’accumulation de l’inerte

L’amas des titres et des grandeurs

L’assemblage des honneurs aurifères

Et les gloires argentines

 

Qui sait la balance

Des additions  et des soustractions

Urine de peu balayée

Dans le vent qui passe

 

Toi donc

Prends des vaisseaux sans espace

Et vogue sur un temps

Qui n’a que toi


Les Conf'(7)

Baisers aux désespoirs sonores

Chairs qui se dérobent et se refusent

Quand même elles s’offrent

Béantes, sanguinaires

 

Quand l’horizon a baissé ses paupières

Dans l’attente d’une peau lumineuse

 

Vertige des gouffres

Lorsque l’abîme doit s’enjamber lui-même

Tout ce vide qui se vide de son néant

 

Dans un printemps éteint


Les Conf' (6)

Sous un ciel d’ébène où le silence n’est que noirceur

Tendent des filets sur le vent nomade

Ceux qui offrent sans un mot le secret de la terre

Où personne ne peut entendre

 

Souffles aux verbes clos

Quelques mots soustraits à l’ordure des heures

A  nuit couchée et  jours peureux

Aux formes passantes

Ombres sur ombres

 

Dans les cercles de l’obscur


Les Conf' (5)

Par dessus  les silences pâles

Sous un soleil contrefait

Triomphent la cendre et l’extinction

 

 

Mais il suffit de peu

Une plume sans gîte

Une encre asséchée

 

Pour briser d’autres graines

Plus brûlante qu’un feu au désert

 

 

 

Les morts de quoi nos mots sont faits


Les Conf' (4)

 

Ecoute...

L’écho étroit annonce les fleuves

 

Entend...

Ce qui aux horizons se trame sans toi

 

La chose muette

 

Cet impossible havre des houles blessées

 

 

 

Vole à l’écume

Ses tirades d’exil

 

Pétri l’oracle

Adossé aux flancs du ciel

Les Conf' (3)

Dormez instants

Couvrez vos prunelles

Endormez vos foulées

 

Vagues sans la mer

Au devant du rivage

Être mots de chair

Et sources sanguines

 

Sois souffle

Nourri de sommeil


dimanche 30 avril 2023

Les Confins : S’ouvrent aussi hautes vagues sous la voile des mers...(2)

Aux avers...

 

L’effigie de sel

Se repait de l’écume sanglante

Voilier ardent s’inclinant

Sous les souverains du vent

Frégate effarée

Sous la fronde des orages

 

A l’hiver des songes

L’écueil oublié

Témoigne du rameau fertile

(Les gabiers ont perdu vue)

 

Grand voile couchée

Humiliée sous les mortes-eaux

Et les mats

Comme pierres levées

Offerts au poing fermé du ciel

 

Face aux turbans aveugles des nuages

Où se jettent les ancres

Les mots fouillent le front de l’azur

L’inscription des quêtes foraines

 

... Au loin

Hauturiers sous le vent...

 

 

Aux revers...

 

Mangeuses de fruits amers

Sorcières sous la peau

Chantent les murailles dissipées

Sous l’ombre des regards

Les paupières ouvertes sur la nuit

Où se cousent les déserts

 

Quand l’ombre s’allume des coraux

Les aubes plantent des oboles de lune

Dans les gouffres que taisent les eaux

 

...Aux amers envers des avers de mer...


Les Confins : S’ouvrent aussi hautes vagues sous la voile des mers...(1)

 

Havres des mirages....

 

Aux ports ensablés,

Chimères intègres,

Songeries en haute Capitainerie


 

Aux Confins

S’ouvrent aussi

Hautes vagues sous la voile des mers

 

Les masques du bûcher

Flammes aux ténèbres jetées

 

Récifs de pleine mer`

Fendent seulement

L’eau qui passe

 

Sous l’arc de la nuit

A la porte des heures

Une voix d’ivresse résonne de ce qui s’efface


 


Les Confins : Aux digues...(20)

Ainsi demeure cette faim

Hantise qui exige

 

Lieux

Comme domiciles errants

Egarés sur l’étendu

Et le mètre affable

 

La sédition pullule silencieuse

Dans la réticence et la discrétion

 

Hôte sans abris

Qui rend l’innocence limpide

L’offrande ignorée de la lenteur

 

Obscurcir les secondes

Solitaire royauté

De la courbe et de l’arrondi

 

L’angle s’épuise dans la mesure

 

Là où l’araire fend le ciel

S’élancent les rémiges