samedi 18 mai 2019

La Nuit, encore...(6)

Qu'y a-t-il entre les étoiles ?

Les pièges tendus au ciel ont la mâchoire des masques de chair. 

      Des horizons restreints aspirent aux rives
      d'un mirage où s'achèvent les rêves, 
      ces routes béantes des chagrins errants.
      Des égarements lunaires mènent aux impasses notoires
      pendant que prie l'étroit espoir de la source blessée.
      D'aucuns posent un voile par dessus ses toits
      et observent sans s'émouvoir un ciel trop bas,
      aux lumières sourdes d'un éclat boiteux
      
Entre les étoiles

     La grimace enclose de murailles d'argent,
     Le passager des saisons  ne sent rien des portails,
     clos et fermes, sous le pont des paupières,
     lorsque les cils qui les portent vident leurs larmes.
     Quand partout les échos en fleurs parcheminent le vent,
     leurs graines s'envolent dans le bec des hiboux.
     On cueille des ruines dans l'agonie des prés
     le long des sentiers où renaissent les morts

Entre les étoiles, là où nous sommes.

    
     
   
    

 






jeudi 16 mai 2019

La Nuit, encore.... (5)


Du haut de l'abysse, la pente où l'on aimerait glisser
Et dans tes yeux, les ténèbres où l'on aimerait mourir
Tu es la berge du printemps, une caresse aux siècles absents
Ton visage nait de la brise chaude d'un regard 
comme un rêve qui se lève d'une rumeur brûlante
On guette une averse d'azur sans attendre les heures
et, entre les  murs, l'étreinte du temps
oublie le poids des  fontaines amères
Les cimes touchent les ruisseaux du ciel
La terre se veut liquide et les eaux deviennent sèves
se lève la vie au front des cadavres
et le tombeau s'anime d'un tango joyeux et bavard,
se jouant des cachettes, des secrets et des ruses
La nuit se meurt dans le refrain des jours
Le couplet que siffle en rêvant les morts de demain
n' a de souffle que celui de l'enfer
et si tes ombres réveillent la complainte du pendu
c'est le sable et le vent seulement qu'agite sa langue
Sa vie se vide parmi les reflets d'une fenêtre déchue
Cette faveur nue et innocente du firmament cadenassé
s'enroule dans ses prisons muettes et ses aveux masqués
puisque, dans cette course immobile, sous une lueur équivoque
les fantômes ne peuvent se dire.






 


 

mercredi 15 mai 2019

La Nuit, encore...(4)

Qu'on le veuille ou non, c'est une impasse docile
où se pressent des chemins en déroute
La solitude s'agite
quand les soirs somnolent,  
avides toujours d'éclat
sur le miroir des jours 
On ouvre ses bras 
Et c'est la sécheresse des plaies
qui se déchirent pour se faire un visage
On couche avec le sang qu'on étreint ?
Le soleil  se lève sur les lèvres
puis le regard violé trahit
des brisants de lune et de cailloux.

 





lundi 13 mai 2019

La Nuit, encore (3)



Le souffle vient de la terre
Né des taillis obscurs
Remue dans le secret des puits
On y marche à rebours
Pour y voir plus clair 
Quand la neige a vaincu l'argile


Les jetées touchent l'horizon
Et le large frissonne à nos pieds
Puis les murs se mettent à parler
Et l'opaque s'absorbe dans le clair
Dernière ruse de son livide appel


Dans les chairs chaudes, granit
Où se répandent les songes 
Des fleuves blancs, flots incurables,
Épuisent leurs source salines


A l'heure où s'endorment les bêtes








jeudi 9 mai 2019

La nuit, encore (2)


Regards parcourant la nuit blême 
Fixant ses voûtes de verre
Par dessus les routes de sable
Je ramasse des eaux mortes
Noyées dans le silence de tes pas



Ramasse les traces sans poids
Des clartés de tes pluies
Où tu laissais ton ombre 
Au temps des heures limpides
Comme un berceau où s’endormait l’été



Puis le vent  a posé ses lèvres 
Sur la saison des étoiles
Qui levait tes paupières
Et, dans cette émeraude océane
Pénétra l’iris sombre de l’hiver



L’astre s’est couché dans l ‘azur endormi

mercredi 1 mai 2019

26, à la Mairie (3)


Un  ciel sans lueur pèse sur la terre
Les arbres ouvrent leur corolle de sommeil
L’horizon accablé étend son arc brisé
Le monde s’épaissit d’une chair de sang
De l’opacité des murs où les visages s’enferment

Le jour s’égare puis s’enfuit du vide de mes mains
Seuls tes yeux contre la nuit éclairent les toits
Et, sans rien dire des minutes où se toisent les peurs,
Couvrent  les plaies qui naissent des berceaux
L’origine mortelle posée sur chaque matin

Ce qui bat aux coeurs, la cicatrice brûlante
A laquelle la quête se résume
Quête de vent qu’exige le sépulcre
Ce chaudron froid où s’ignorent les os
Où le néant méprise le néant

mercredi 24 avril 2019

La nuit, encore..(1)



C’est un oiseau aux ailes d’ombre

Survolant de sa vague froide

La pénombre sèche des nuits

Sur cette immensité obscure 

Il déchire de ses tempêtes

Le voile brûlant qui le masque



Le jour a éteint ses mirages

Puis s’est englouti dans l’abîme

Au cœur de ces ténèbres crues

L’horizon s’éclaire de  feux

Braises opaques, lueurs aveugles

La clarté raillée, le jour meurt



La voile sombre s’est levée

La ruine a lancé ses faucons

Les vaisseaux du gouffre stérile

Sur la voute seule et déserte

Ont jeté leurs ancres cruelles

La nuit elle-même renonce

dimanche 21 avril 2019

26 à la Mairie (2)


Combien errantes sont les îles

Nues et seules, en attente de la cendre

Brûlées sans un cri de lumières absentes



Parfois, lorsque  l’été sous les soirs endormis

La lune ploie vers la terre ses fruits d’ombre

On y entend des langues étrangères, des paroles en vergers



Mais de ces fleurs de brume rare où flâne le hasard

Faut-il encore arracher le jour à la nuit

La solitude au désert



Elles bruissent de tempêtes pâles

Un grésillement de l’être vibre sous la peau

Des  rives sanglantes s’aiguisent dans la chair



Lorsque l’impénétrable hiver calcine les âmes

Par dessus le fleuve et ses rives écartées  de ses vagues défuntes

On y danse de tristes chaconnes sur des ponts de poussière



Et qu’importe si toujours la lumière hésite

Comme une évidence dans l’obscur

Comme un été mêlé à la boue.


26 à la Mairie


Le cœur ne bat plus qu’au milieu des heures exsangues

La solitude  est un fruit de rosée où s’éclaire l’appel

La poussière douce des jours qui rosit de mes joues

Des anneaux de passages qui trompent la mémoire



Je marche sur ces trottoirs où affleure le passé

Parmi les quartiers hantés de ce qui s’y est éteint

Dans l’abandon de ce qu’ils cèdent à la mort

Enfants des rues sous un soleil immobile



On n’entend rien  sous l’aplomb du silence

Qu’importe si la source ne porte plus paroles

Car  la moisson du jour lie en gerbes perdues

Les sèves mortes pour les songes de demain



Je marche à travers ce qui vient de loin

Dans un mirage où s’entrevoit la chair du temps

Lorsque du sable je jette un regard aux étoiles



Il est des nuits comme partout des jours

Où rien ne nait des aubes

Quand les crépuscules n’épuisent rien de leurs sangs.


dimanche 3 février 2019

L'accord majeur (2)

J'évoquais le chant d'un chemin, la borne disparue qui cherche la voix de demain, un compagnon de cailloux ou de boue sèche
qui déroute les astres et trace, sur les pas des nuages, par dessus les étoiles, des nefs de pierres et de vents où assoir son temps.

Siège fragile échappé dans le chœur des heures, petit chant des rivières s'écoulant comme un matin qui s'oublie.