mercredi 4 février 2015

Rumeurs des Jours et de la Nuit (59)

                                Cours le vent

Je n'entends pas ton souffle lointain, mon amie, j'ai seulement le vent
Et c'est beaucoup ce vent qui se mêle aux frissons de tes lèvres
Il vient du silence d'avant l'orage et les alouettes glissent
Sous la lente pesanteur de ses chevaux sombres

Le vent a enveloppé de ses doigts souples
La mince tunique de la terre
Le vent a dénudé le monde et s'est dissipé dans tes mots
Comme une grâce tendue vers l'aube ou la nuit
Le vent a caressé les plaines nues et les vallées humides
Et l'inquiétude a grandi de ne pouvoir être le vent qu'il est pourtant

C'est un vent qui ne secoue nul drapeau
Qui ne sait quand il vient
Qui ne sait quand il part
Qui ne sait quand il reste
Dont la source inconnue reste sans mesure et sans image
C'est pourtant le vent qui ouvre le monde
Et que le monde soulève

Sous ses rafales l'abîme des hommes s'est rempli et leurs jours
Se sont envolés comme des étoiles
Le vent où ton souffle s'est mêlé, c'est le vent du monde
Où je vis
Où tu vis.





1 commentaire:

  1. Magnifique! J'ai une passion pour le vent. Je l'écoute, la nuit surtout, et il me donne la clé des songes et mes billets de transports....

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