lundi 5 octobre 2015

Les Confins : Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(12)

Au loin, la berceuse des exils, au loin les Confins, eux, les Lois infinies du minuscule, du grain et de la poussière, Edits du silence  rieur lorsque la fureur entonne ses chants et remplit les gouffres de son souffle de sable, rétines de l'abîme glissant sur les pentes bleutées du stérile et de l'infécond, quand des vents du vide des poignées de graines dans les jarres du monde éclosent là où l'air expire et les regards s'aveuglent ... Ainsi les pupilles où se vainc la lumière sont les Terres sur lesquelles les hommes meurent en exode et souffrent  encore dans l'ombre de leurs prunelles ... Fuir, fuir  les éclats âpres, la scintillance, les embrassements et les clartés de leurs nuits, surtout incendier les visions, incarcérer la forme des spectres...Disparaitre sous les éclipses comme un Prince dans l' énigme incertaine de son Royaume ... la langue sous le bâillon des mots...entre les lèvres de l'incommensurable et de l'extrême...

Hommes nés d'entre les bornes, enfants de la limite et de la misère, comme un lambeau d'éternité voguant parmi les immensités sans parties, sous la pèlerine des siècles, Hommes aux futurs vierges d'avenir, aux saisons de pluies et de sécheresse... Las de planter ce qui meurt et de faire mourir ce qui revit, las de ce qui est et passe, de ce qui s'efface et revient toujours sur la crête fatiguée de la même vague, au milieu de bordures habiles mais infidèles, mille mains ne suffisent pas, dans cet empire restreint où rien ne se quitte, à rejoindre le séjour où s'accueille et s'abandonne ce qui naît et s'étale... Ombres âcres comme un urticaire sur le dos du Temps, hommes oublieux de la garde et les Confins au Dehors indifférents à la fortune, absolus de l'inconscience où rien ne se juge du déroulement des chaines enfiévrées...


Tout n'est que solitude et aridité lorsque ce qui vit s'engendre de l'âme des morts.







2 commentaires:

  1. Superbe! Colonnes vertébrales d'êtres qu'aucune ombre ne blesse, qui attendent une lumière. Elle ne les atteint pas. Heureuse Europe, hop hop?? Le soleil qu'elles espèrent ignore encore que les Confins sont faits de deux syllabes interchangeables.
    L'actualité le prouve.

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    1. Merci pour le superbe, Jc...Les Confins sont aussi au delà de l'Europe aux Fins Cons sans Confins, à vrai dire, Confins au delà de ce dont on ne peut sortir, le système du monde et de ses fantasmes meurtriers...

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