samedi 3 octobre 2015

Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (78)

Villes blanches, femmes blanches
Parmi les virgules et les points
Où le poids des ombres
Revient et s’affaisse

Villes bleues, femmes bleues
Aux yeux invisibles
Spirales concentriques
Où se perdent les soleils de la nuit

Villes d’ambre, femmes d’ambre
Posées sur une mer de spectres
Où chantent des rossignols
Aux destins de dagues et de poisons

Vieilles villes 
D’avant les refrains sombres
Que les cyprès murmurent
Aux oreilles d’un ciel de lierre

Nos villes anciennes
Pénétrées des psaumes des morts
Portés sur le dos des spectres
Dans la substance lumineuse
Des tramways du soir

C’est le récitatif des jours secs
Aux heures absentes
Des derniers pas
C’est le récitatif des crêtes de sables
La procession des lémures
Chantonnant les vies glacées
La désapprobation des peurs froides.


(Les vivants - que j’envie - n’ont eux rien à en craindre)

1 commentaire:

  1. J'ai lu, j'ai relu 4, 5, 10 fois ce très beau poème en frissonnant....

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