jeudi 22 octobre 2015

Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (76)

De ma prison, les bords…

De l’intérieur
J’observe ma demeure
Et je n’y vois aucun espace
Aucune image d’aucun lieu
Seulement le temps qui y vit
Une demeure sans abîme
Un champ plat de pensées
De fragments inachevés
Qui  lèvent des paroles
Et puis retombent

J’ai honoré ce qui n’était pas
Par lâcheté de ce qui était
Refusé à la nuit
Aux jours,
Aux heures
Aux fleuves
Aux nuages
Aux cieux
La simplicité de ce qu’ils étaient
J’ai oublié la grande paix de l’inerte
Et me suis agité dans la pierre

Je parle de ma geôle
Au centre de cette demeure
Avec des mots délaissés
Des mots qui perdent leur coque
Qui perdent leur croûte
Au bord de routes
Où tout s’attend et rien ne s’accomplit.


3 commentaires:

  1. Une demeure, puisqu'il y faut demeurer, est toujours une sorte de geôle. Mais il n'y a pas de geôles pour les poètes, tant parmi eux ont écrit les plus beaux poèmes de leur geôle. Celui-ci est très beau.

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    1. Chère X
      S'il est parfois difficile de commenter, il est parfois difficile aussi d'y répondre. Disons que l'important est "le ciel par dessus les toits" et surtout oserais-je dire, le ciel sous les toits...

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    2. Réponse parfaite : c'est tout à fait ça.

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