Pourtant nul n’est tenu à dire
L’échancrure intime
Où le sang offense les limites
Plutôt le vertige des choses mates
Que l’abîme tu des mots
A couvert sous
L’aride vision de l’oppression
Pourtant nul n’est tenu à dire
L’échancrure intime
Où le sang offense les limites
Plutôt le vertige des choses mates
Que l’abîme tu des mots
A couvert sous
L’aride vision de l’oppression
Et dans ces jours qui se répandent
Dans ces boucles d’aubes
Tournent le manège
Les ruses bonhommes
Qui maintenant t’enfantent
Tes marées s’éprennent
De feuilles d’ombres
Pour des fureurs
Aux chaleurs stériles
Tu as cru aux Ganges nouveaux
Mais ce sont des matins anciens
Qui t’exilent
Dans l’immobile calligramme
De tes cercles
De ce qui te hèle
Te voilà banni
Scellé.
Chœurs de terre et de mer
Chants d’algues et de seigle
Psaumes de prairies et d’écume
Coryphée de ruines et de naissances
Le mot te prend et soulève les aubes
Au milieu de l’aride et du rugueux
Sous la pierre froide du clôt
Paroles apparues
Comme cailloux jetés aux façades
Comme passantes sur le figé
Comme une orée posée sur l’étanche
Le seuil d’où tu contournes
Les hauteurs vaines et les attentes mortes
Là commencent ta mer ardente
Ton océan discret
Ton esprit de semailles.
Pars avant l'été
Viens devant ta nuit
Et perce-la
Trouve la paume vermeille
Les mailles chaudes de la sève
Noue l’iode et le varech
Arrime les confluents
Aux amours cendrés
A l’écho magnétique des soupirs
Glisse l’anneau d’accueil
Aux doigts de l’innocence
Et du baiser des ombres
Offre à la bouche du ciel
Toute la mer dévorée
Guette au bout des môles
Les fouets aux brûlures de sel
Au hasard des méridiens aveugles
Aux Confins des abimes
Se confondent les eaux
Où les mains se parlent
Dans la langue des poulpes
Et tout se noue et se défait
Depuis la solitude
Des grands silences lointains.
Patience des coeurs
Où s'attablent les mers
Suppliant des ports neufs
De briser leurs marées
Et remplir de mots
La brûlure de leurs vagues
Patience du miel
Espérant dans la fleur
La naissance du sucre
A la levée du midi
Sur les routes alignées
-De sang, cendres d’or-
Les affairements exigent
Le souffle bas
Les poisons à venir
L’ouvrage
De l’aire et du nombre
L’oppression du temps
Plutôt le novice en clarté
Et l’apprenti de l’énigme
Le sillon discontinu
Le premier geste, l’évidence sombre
Nourrir l’épigraphe de la solitude
D’une goutte d’encre
Marier ce qui exclut et achève
A ce qui unit et n’a pas de fin
Sous l’échafaud de l’exigu
Sourit la fauvette
Mes frères ...
Maitres et Apôtres du lieu
Semant graines mortes
Sur des arpents de ronce
Et nos puits cèdent
Des ailes de crins amers
Entre les bords chimériques
D’un hiver de pulpe maigre
Mourir au jour
Dans un lit sans quête
Quand trop de rivages
Bornent les voeux
Nous sommes enfants de pluie sèche
Enfants toujours de ce qui se fuit
Une geôle aux barreaux de tendresse
Sous la lune
Rien ne nait, ni ne s’envole
Des blés verts où nous nous mourrons
Et de tes rives maîtresses
que puis-je absorber
sans blesser tes berges souples...
Lumière indivisible
Invisible matrice du visible
Source des sources vives
De ce qui siège
Face à l’obscure figure
Face à la voix sans regard
Les chemins des ports sont chemins de lune
La plume ouvre le volet du deuil
Accourt le monde d’entre les lettres
Le monde d’avant la Lettre
Trouver l’encre
Où se mirent les feux sans fard
Là ondulent, vagues incessantes,
Des prières d’ivoire blêmes
Celles que chante l’ivrogne
Lorsque de son haleine
S’échappent les anges
Celles de la chaleur et de la femme
Les deux sœurs d’argile
Cette arche du monde
Qui réunit et sépare
Les deux impuissances
Dans la même solitude
Pupilles de l’infini, paupières marines
Frappant aux frontières de l’immense.
Déroulant le tapis écarlate de l’accueil....
Cherche
Les nuits de l’Etrangère
Les nuits nourricières
Où paresse le langage indocile
La lame des évidences
Y danse des chaconnes masquées
Ce qui fend la peau
C’est le miel posé sur l’écorchure
Le chagrin des anémones
Piège le terme dans ta lenteur