vendredi 14 avril 2023

Les Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(9)

Patience des coeurs  

Où s'attablent les mers

Suppliant des ports neufs

De briser leurs marées

Et remplir de mots

La brûlure de leurs vagues

 

 

 

Patience du miel

Espérant dans la fleur

La naissance du sucre

A la levée du midi 

 


 


Les Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(8)

Sur les routes alignées

-De sang, cendres d’or-

Les affairements exigent

Le souffle bas

Les poisons à venir

 

L’ouvrage

De l’aire et du nombre

L’oppression du temps

 

Plutôt le novice en clarté

Et l’apprenti de l’énigme

 

Le sillon discontinu

 

Le premier geste, l’évidence sombre

 

Nourrir l’épigraphe de la solitude

D’une goutte d’encre

 

 

Marier  ce qui exclut et achève

A  ce qui unit et n’a pas de fin

Les Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(7)

Sous l’échafaud de l’exigu

Sourit la fauvette

Mes frères ...

 

Maitres et Apôtres du lieu

Semant graines mortes

Sur des arpents de ronce

 

Et nos puits cèdent

Des ailes de crins amers

Entre les bords chimériques

D’un hiver de pulpe maigre

 

Mourir au jour

Dans un lit sans quête

Quand trop de rivages

Bornent les voeux

 

Nous sommes enfants de pluie sèche

Enfants toujours de ce qui se fuit

 

Une geôle aux barreaux de tendresse

 

 

 

Sous la lune

Rien ne nait, ni ne s’envole

Des blés verts où nous  nous mourrons


Les Confins -Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(6)

 

Et de tes rives maîtresses

que puis-je absorber

sans blesser tes berges souples...

Les Confins - Aux digues des nuits se recouvrent les nuits (5)

Lumière indivisible

Invisible matrice du visible

Source des sources vives

De ce qui siège 

 

Face à l’obscure figure

Face à la voix sans regard

 

 

Les chemins des ports sont chemins de lune

La plume ouvre le volet du deuil

Accourt le monde d’entre les lettres

 

Le monde d’avant la Lettre

 

 

Trouver l’encre

Où se mirent les feux sans fard

Là ondulent, vagues incessantes,

Des prières d’ivoire blêmes

 

Celles que chante l’ivrogne

Lorsque de son haleine

S’échappent les anges

 

Celles de la chaleur et de la femme

Les deux sœurs d’argile

Cette arche du monde

Qui réunit et sépare

 

Les deux impuissances

Dans la même solitude


Les Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(4)

Pupilles de l’infini,  paupières marines

Frappant aux frontières de l’immense.

Déroulant le tapis écarlate de l’accueil....

 

Cherche

Les nuits de l’Etrangère

Les nuits nourricières

Où paresse le langage indocile

La lame des évidences

Y danse des chaconnes masquées

 

Ce qui fend la peau

C’est le miel posé sur l’écorchure

Le chagrin des anémones

 

Piège le terme dans ta lenteur


Les Confins -Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(3)

Brûle le mot sec,

Et conduit l’âme

Aux degrés de l’Angle

Aux berceaux des morts

 

Le marais asséché

Blâme, taciturne,

La houle lourde

Et la dérobade des mers

 

Le souffle est 

Pourtant

Plaines grises,

Chemins d’abîme

Où vit l’Etrangère

 

Mais il frémit

Abusé de clôtures

 


Les Confins-Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(2)

Paroles de confins

Ou bruissement voilé

D’un midi sans ombres

L’imperceptible fraicheur

Des soifs qui veulent....

 

Paroles étrangères

Aux tonalités brumeuses

De ce qui est sans horizon

De ce qui est parce que sans limites

 

Brise, brise inconnue

Sondant dans l’ouï

Le dire qui s’incline

Devant ce qui se tait

 

Le silence béant qui ouvre toute parole

En l’étreinte réticente du déclôt...

 

Il faut la vision poreuse de paysages absents

Seulement la trace de la source lointaine

Brûlant la main qui se tend

Et la plume qui danse

Comme une méduse nocturne

Dans la secrète noirceur de nos fables

 

Je veux

Ce qui s’éveille en ce qui dort

Et m’étendre, doux, au seuil  de la voix

Auprès de la demeure aimée du Verbe....

 

Suivre la route des ports

Où se consolent les mats de misère

Et les voiles oubliées du vent

 

Et à quai

Le grand sommeil des confins

Dans le ventre des femmes

Et l’appel du dehors

Comme un écho de chairs secrètes...

 

Puis peut-être

Si nous sommes sages

L’anneau qui exhorte,

Qui nomme nos songes,

L’anneau dont la grandeur ignore les racines

Cet anneau des Confins, en nous et hors de nous

Offert aux reflets de ce qui rompt les miroirs

 

Les lèvres du monde se sont refermées sur l’anche des mers


Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(1)

I

 

Qu’on dise : les confins !

Ce frisson des lointains jusqu’aux bordures du temps

 

Qu’on les dise

Avec voix de pierre

Ces confins au delà de la terre

Mais aussi la ruine des roses, posée

Boucle de feu, au-dessus des berceaux

 

Qu’on les dise

Ces ailleurs de la terre, l’ironie des lisières

Qui aiguisent leur présence

Jusqu’à la source âcre de la geôle fleurie

Pour que croissent sous les paupières

Ce qui ne peut se voir

L’invisible nu

 

Qu’on les proclame

Ces Droits des confins et de l’inborné

Ces territoires innommables

Ce vent qui ne pèse de rien

 

Les confins, chants de la nuit,

Tisserands méprisés de nos heures

Fantômes aux humeurs étranges

Où s’efface ce qui ose et persévère

 

Qu’en appellent, nos épitaphes incrédules

Qu’en appellent au marbre vain

Nos fronts de vérité amère

Tout ce sang qui doit mourir pour s’écouler

 

Les hôtes des Confins ignorent ces horizons immobiles

Simulacres royaux couronnés dans l’antre souveraine

 

Et pourtant

L’écume jaillissante

De la vague émeraude

Etend sur la soie lumineuse des soirs

L’ombre laineuse de la vie

 

Et brise ce qui sépare

 

Que je dise

 

Toujours la gerbe palpitante

Comme, aux jours de fêtes

Barque pavoisée toujours à quai

Au milieu des eaux

 

Chasseurs de lointains

Poseurs de nasses abstraites

Ciel captif au fond des eaux

Dire les métaphores qui germent sous les arbres

Et sommeillent dans les prairies

Terres humides des confins

 

Qu’enfin je dise

Averses de spectres, écailles de nuages

Ces rivages insoumis où poussent

Les fougères et l’indicible.

 


vendredi 16 décembre 2022

De Morte-Naissance (9)

Plus s’éparpille la voix qui siège à l'ultime

Plus le tissu se déchire, voiles gonflées de béance

J’atteins ce que j’ignore dans la fuite

De ce qui échappe

ce pays qui ne vit que d’absence

 

 Et au-delà de ce qui se retire

Je m’adosse au pied de l’être

Dans l’abandon de ce qui...

 

Seulement dans le chœur des mots.