mercredi 17 décembre 2014

Rumeurs des Jours et de la Nuit (55)

Je vis dans un pays
Où les minutes engendrent les minutes
Comme un fil gris qui tombe du ciel
Où un chemin rassemble tous les chemins
Comme le jour univoque toutes les étoiles

C'est un pays mort
Aux cadences automatiques
Et  aux ahurissements climatisés
Qui se fixent et se reconnaissent
A leur stupeur simplette
Dans l’absence d’étonnement

C'est le pays
Où l'on rit et où l'on pleure
Une métropole de larmes ennuyées
Et de sourires assassins
Où personne n'est rien
Dans les pensées de personne.

Il y a une frontière
Intérieure à cette contrée lasse
Une limite à longer
Pour recouvrer le territoire proche
Un dedans au sein du dehors
Des violettes dans la carie

C'est un pays de sommeil et de langueur
Sans minutes et sans temps
Tisserand d'une voûte lunaire
Aux efflorescences intimes
Que seuls des yeux d'aurore
Eveillent à lui-même

C'est le pays souverain
Des sillons anciens
Appelés au jour
Par les mots inconnus
Que crient les murailles d’Halicarnasse
Lorsque l’ardeur des mers du sud
Fait lever des fonds
Des champs de coton et de lin.





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