Je
vis dans un pays
Où
les minutes engendrent les minutes
Comme
un fil gris qui tombe du ciel
Où
un chemin rassemble tous les chemins
Comme
le jour univoque toutes les étoiles
C'est
un pays mort
Aux
cadences automatiques
Et aux ahurissements climatisés
Qui
se fixent et se reconnaissent
A
leur stupeur simplette
Dans
l’absence d’étonnement
C'est
le pays
Où
l'on rit et où l'on pleure
Une
métropole de larmes ennuyées
Et
de sourires assassins
Où
personne n'est rien
Dans
les pensées de personne.
Il
y a une frontière
Intérieure
à cette contrée lasse
Une
limite à longer
Pour
recouvrer le territoire proche
Un
dedans au sein du dehors
Des
violettes dans la carie
C'est
un pays de sommeil et de langueur
Sans
minutes et sans temps
Tisserand
d'une voûte lunaire
Aux
efflorescences intimes
Que
seuls des yeux d'aurore
Eveillent
à lui-même
C'est
le pays souverain
Des
sillons anciens
Appelés
au jour
Par
les mots inconnus
Que
crient les murailles d’Halicarnasse
Lorsque
l’ardeur des mers du sud
Fait
lever des fonds
Des
champs de coton et de lin.
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