vendredi 26 décembre 2014

Rumeurs des Jours et de la Nuit (57)


J'ai cessé de croire au monde
Alors le silence dans le vent s'est tu
Et les grands soleils de nuit se sont éteints

Pendant que les fleurs agonisaient de leur parfum
Dans les vergers, les arbres portaient des pierres aiguës
Et des becs métalliques perçaient des aubes lasses et violettes.

Les mots se sont effacés de la surface des eaux
Et dans la brise amère  les chapitres se sont envolés
Alors qu'un sable brûlant et mort dévoraient les ultimes épilogues

La prose avait retrouvé sa cage
Dans l'épaisseur et la chair de l'être
Un rayon de nuit éclairait encore
De sa fragile immatérialité
Cette amante du monde
Que des lunes tristes vêtaient
De tuniques aux feuilles impassibles

(Le monde, lui, un fantôme intérieur)














2 commentaires:

  1. Ce fantôme qui bat des ailes au dedans de nous?

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  2. Ce monde informe et vide, l'abîme ténébreux de l'âme, lorsqu'innommable et surtout innommé il fait vibrer les lèvres en nous et fonde le langage qui l'exprimera bientôt.
    Merci pour ton commentaire, Ixx

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