Une goutte, froideur molle et translucide,
Se coule et s'étend, aveugle et invisible,
Le long des bornes et des frontières
Au bout de sa course elle rencontre l'univers
Et engloutit sa totalité ouverte
En absorbant le temps en un moment.
L'infini s'y déploie et la goutte suspendue
Se suspend en elle-même
Car la goutte, contenant tout, se contient aussi
En ce qu'elle est une goutte suspendue
Et dans la goutte contenue en elle-même
Une autre goutte où tout l'univers se presse
Et ainsi jusqu'à toi, jusqu'à moi
Tout en nous que nous sommes
Dans la goutte d'un moment
Où l'instant présent est fils d'Eternité.