J'avais arraché des bouquets de brouillard
Cachés sous les récifs du ciel
Et des vagues inconnues avait emporté
Leurs oeillets d'écume
Eparpillés
Dans des fragments de souffle
Jusqu'au pied de ta couche
Où tu flottais dans la nuit légère
Alors les songes que je t'avais confiés
Avaient étreint le songe où tu dormais
Et un enfant naquit
Apporté par la chimère aux matins ailés
Et ce songe des songes murît lentement
Dans la chaleur du ventre de l'été
Où la roche fertile fleurit les déserts
Ainsi les bouquets de brouillards
Se sont enlacés dans le frisson des ans
De ta couche fine
Où encore mes songes rejoignaient les tiens
Car ma terre toujours cherchait sa mer
Et ce qui respirait sous sa houle parfumée
Des regards d'algues molles
Aux lèvres de sable
Lorsque ce qui se taisait dans l'aube de tes rêves
Agitait des soupirs de miel aux voiles gonflées
Lorsque ce qui se taisait dans l'aube de tes rêves
Berçait toujours le visage de la terre
Et j'ai su que les printemps naissent seulement
Entre les ombres et les silences.
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