lundi 1 septembre 2014

Poèmes de l'insignifiance (27)


Moi si tard que cherche toujours…

J’ai vécu
Il y a longtemps
Jeune
J’ai vécu seulement
A la racine de ma destinée
Jeune encore
Méprisant la vie que je vivais
Pour celle de demain
De l’heure suivante
De la seconde qui passe
J’ai blessé l’amour
Manqué le bonheur
Pour la maturité des ombres
Qui sur l’autre rive 
Ne sont qu’ombres sur ombres
J’ai manqué et blessé
Aspiré par un ciel veuf
Qui occulta vite
Les petites chambres fleuries
Où j’ai avalé ma jeunesse

Fallait-il à ce point
Ne pas vivre
Pour qu’un jour
Des mots inutiles et vains 
Flottent comme des tourbillons 
Dans le vent

Mourir d’abord, vivre ensuite
Comme une figurine
Qu’animent les jeux
De l’enfance.

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