dimanche 21 septembre 2014

Poèmes de l'insignifiance (32)


Les siècles sont nonchalants et les millénaires paresseux. 
Ainsi ils confient  aux saisons
L’oisiveté des jours : l’indolence gagne la durée
L’imminent s’étire et s’amincit
Au point  de se fondre et de disparaître
Dans sa propre couche

La lenteur déjà ralentie
Est le mode
Du perceptible et de l’apparent
Blême et doux
On croit que tout coule,
Mais
Sans mémoire
Et surtout sans oubli vital
La pétrification fige l’instant dans la permanence
Tout s’étale et s’affiche.
C’est pourquoi
Le verbe n’a pas de prise, il est
Comme
La greffe qui  se décolle
Il voltige désormais sans adhérence.

Incapables toutefois
De renoncer à ce qui s’agite dans les flux
Et les fluides,
Nos joues gagnent en pâleur lorsque
Toujours en retard sur nous-mêmes
Le sens de l’urgence
Fait ployer nos
Vertèbres.

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