vendredi 28 novembre 2014

Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiance (53)

J’ai erré dans les plaines sauvages
Où j’ai bu le vin de l’ortie et de la ronce
Où j’ai laissé des sueurs végétales
Creuser des lacs émeraude
Sur la peau de ton rivage
J’ai dormi au creux de collines providentielles
Et me suis enfoui dans ton ferment de vie

J’ai erré dans les frissons de ton sol
Cherchant ma demeure dans les plis salés
De ce qui se cache entre les terres infinies
Offertes à la connaissance médiocre
Et à l’inhabilité de mes doigts et de ma langue
Et ton savoir acceptait ça aussi
La brutalité innocente de l’errance

J’ai erré là où le rien est le Tout
Où le vide enfante les rêves
Etonné que si peu de chose entouré de si peu de chose
Croisse en moi hors de moi
Dans le flux généreux
Où le pauvre croise le riche.


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