J’ai erré dans les
plaines sauvages
Où j’ai bu le vin de
l’ortie et de la ronce
Où j’ai laissé des
sueurs végétales
Creuser des lacs émeraude
Sur la peau de ton
rivage
J’ai dormi au creux
de collines providentielles
Et me suis enfoui
dans ton ferment de vie
J’ai erré dans les
frissons de ton sol
Cherchant ma demeure
dans les plis salés
De ce qui se cache
entre les terres infinies
Offertes à la connaissance
médiocre
Et à l’inhabilité de
mes doigts et de ma langue
Et ton savoir
acceptait ça aussi
La brutalité innocente
de l’errance
J’ai erré là où le
rien est le Tout
Où le vide enfante
les rêves
Etonné que si peu de
chose entouré de si peu de chose
Croisse en moi hors
de moi
Dans le flux généreux
Où le pauvre croise
le riche.
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