dimanche 2 novembre 2014

Rumeurs des Jours et de la Nuit (47)

On  perd la précision des formes
Et les lignes qui cernaient les choses
Ont quitté leur sillage
Entremêlées dans les chastes entours
L’informe a dégradé les significations du jour.

Seul le proche témoigne encore
Du  scrupule du net, de l’exact, du fidèle
Le retrait du monde s’opère sans débâcle
Il s’efface avec le flegme du grès et la paix
Fixe la sève des  vignes blanches.

Aussi le drame se glace et
Le chagrin s’empare des masques
La perte de toute consistance,
La dormance  de la semblance
Comme une distraction temporaire du faux.

Dans ce brouillard, les voix se croisent
Sans se voir,
Dans cet effacement des lisières
Des lèvres sans paroles naissent du deuil
Des ventres magnétiques.


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