jeudi 30 octobre 2014

Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (48)

Trop souvent,   comme une pierre définitivement
Galet caillou roche
Tu acquiesças à l’engourdissement :
Un ralentissement d’abord,
Ensuite un rétrécissement de tes intervalles

Tu devins objet, tu le voulus
La contraction anodine d’un être hors délai
Comme une dernière goutte après la pluie
Un amenuisement de ta sensibilité
Un retard saisonnier.

C’est pourquoi
L’infini devint ta tragédie et l’excuse accordée
A l’aimante impotence  de tes artifices
Lacis de détroits ensommeillés
Qui n’ouvraient que sur toi-même.

Ainsi, météore heimatlos
Seules des comètes aux turbans incendiés
Enumèrent sur la surface sèche de ta vie
Tous les efforts que tu fis
A ne pas être toi

Tu mets tant de soin à éviter
Tes prunelles éteintes
Comme le soir, les amoureux esquivent
Le remords de l'unité
En s’oubliant dans l’amour.

Il y a si peu en toi...
Parfois,  il a tant fallu d’astuces
Tant d’épuisements vains,
Pour écarter l’ignoble profusion
De tes  paysages de misère.

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