jeudi 23 octobre 2014

Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (47)

Songeons : les sacrifices anciens ont perdu leurs éclats royaux
Ils ne sont plus que des sourires morts dans les éboulis de la mémoire
Qui peut se rappeler parmi ceux qui se souviennent sinon
Trois gouttes de mensonges tus et la vérité toute nue
Qui danse gelée au sommet des nuages
Qui peut se rappeler du ciel qui passe
A travers l'adoration de soi
Sinon de nobles sentiments qui flattent notre paresse
Et la sagesse ventripotente de celui qui s'aime

Mais ne songeons plus 

La peine est perdue et dénoncer est encore mentir
Trichons alors toujours et encore
Et embrassons en le chérissant
Ce qui nous sépare du vrai
Car il est de trop de souffrir pour ce qui est
Et d'espérer ce qui n'aura plus à espérer

Trichons et ne pleurons pas

Sur la vérité pharisienne
Que nous feignons de détester
Pour mieux nous aimer encore

Trichons et oublions

Soyons nets (enfin)


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