Il arrive qu'à l'ombre des jours éteints
Se lèvent les fantômes des royaumes déchus
Ce sont les souvenirs qui frémissent
Comme des rides à la surface des eaux
Lorsque la légère brise du soir se lève
Et d'une vie nouvelle ils percent
Le cadavre qu'ils croyaient être
Et sur leurs flots
Ce sont des caravelles d'or
Et des galions aux voiles de palmes
Vaisseaux inconsolables
Sur des océans de débâcles et de triomphes
Comme des illusions de larmes et de ruines
Qui s'emmêlent et s'enlacent
Dans des baisers aux abîmes d'écaille
Ineffaçables tristesses
Des Empires détruits
Comme une dernière effluve
Avant de mourir là où brûle la mer.
Que dire, Cléanthe, si beau et si profondément triste...
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