samedi 4 octobre 2014

Poèmes de l'insignifiance (36)




L’indice du proche
La minute qui vient
Est celle déjà venue
Qui la précédait
Le temps devenu succession vide
Qui s’engendre elle-même
Dans la torpeur paisible
Où rien ne passe

De ma fenêtre on voit
Des fossés comblés
Des torrents domestiqués
Des ronces apprivoisées
Et des vipères sans venin
Même les pierres arrondies pourtant
Ne roulent plus au fond des précipices

Je m’approche alors encore plus près
Au plus près du proche
Et les heures soudain se dilatent
Et emplissent ce pays neuf
En annulant son espace
Le masque de leur ombre de brumes

Au plus proche les lignes les plus lointaines
Des nappes de durées coulent d’un ciel qui appelle
Et montent d’une terre qui demande
Ces épaisseurs alors se rejoignent, se mélangent et se coupent
En un lieu sans contour
Où les miroirs perdent les reflets
Qui se saluaient pourtant
Dans les heures abstraites
Qui nous digèrent vivants

Les îles les plus oubliées
Ne meurent pas
Dans la clarté qui s’efface
A la naissance des jours
Et de ma fenêtre
Malgré les vipères sans venin
Et les cailloux lisses des minutes grises
Je vois leurs voiles d’argent
Filer sous la brise des tropiques

Et plus loin encore
Des mains d’enfants qui s’agitent
Et me saluent
Tout là-bas,
Là-bas
De mes falaises endormies
D’où s’envolent les poèmes
D’aujourd’hui et de demain.



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