L’indice du proche
La
minute qui vient
Est
celle déjà venue
Qui
la précédait
Le
temps devenu succession vide
Qui
s’engendre elle-même
Dans
la torpeur paisible
Où
rien ne passe
De
ma fenêtre on voit
Des
fossés comblés
Des
torrents domestiqués
Des
ronces apprivoisées
Et
des vipères sans venin
Même
les pierres arrondies pourtant
Ne
roulent plus au fond des précipices
Je
m’approche alors encore plus près
Au
plus près du proche
Et
les heures soudain se dilatent
Et
emplissent ce pays neuf
En
annulant son espace
Le
masque de leur ombre de brumes
Au
plus proche les lignes les plus lointaines
Des
nappes de durées coulent d’un ciel qui appelle
Et
montent d’une terre qui demande
Ces
épaisseurs alors se rejoignent, se mélangent et se coupent
En
un lieu sans contour
Où
les miroirs perdent les reflets
Qui
se saluaient pourtant
Dans
les heures abstraites
Qui
nous digèrent vivants
Les
îles les plus oubliées
Ne
meurent pas
Dans
la clarté qui s’efface
A
la naissance des jours
Et
de ma fenêtre
Malgré
les vipères sans venin
Et
les cailloux lisses des minutes grises
Je
vois leurs voiles d’argent
Filer
sous la brise des tropiques
Et
plus loin encore
Des
mains d’enfants qui s’agitent
Et
me saluent
Tout
là-bas,
Là-bas
De
mes falaises endormies
D’où
s’envolent les poèmes
D’aujourd’hui
et de demain.
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