Le ciel est jaune
La terre est noire
Je me suspends entre les deux
Aux paupières closes
Des prairies de l'aube
Le vent est vert
La mer est rouge
Je cours de l'un à l'autre
Dans les herbes enflammées
D'un chemin sans lieu
La pluie est bleue
Le nuage est ocre
J'embrasse leur bouche blême
Dont l'haleine amère
Evite les promesses
La brume est cinabre
La marée est aurore
Qui se hâte de la boire
Goûtera aux vignes de sang
Mangera le pain des jours
L'automne est minuit
Novembre est cerise
De soir en soir
J'avale leurs fruits
Froids comme un astre
Le rivage est nymphe
La rive est ébène
Les saisons se taisent
Au bord des temps
L'attente pénétrée de cachemire
Le fleuve est ivoire
Le ruisseau est lavande
Ce qui chante dans les camélias
La voix de la loi
Que le soleil édicte
La prairie est marine
Le champs est neige
Je porte la blessure
Aux sommets des heures
Près du ciel des roses
La fouine est jais
La hulotte est opale
Le lointain sous mes pieds
Transporte l'océan
Dans la solitude des nuits
Je me noie dans mon lit
Et sous la surface des draps
De petits poissons persans
Volent les rêves d'Eros
Mon corps souffre
Pour recevoir les traces du temps
Il y a pour moi encore
Un fragment d'être
Qui s'offre et apaise.
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