mardi 4 novembre 2014

Rumeurs des Jours et de la Nuit (48)

Le ciel est jaune
La terre est noire

Je me suspends entre les deux
Aux paupières closes
Des prairies de l'aube

Le vent est vert
La mer est rouge

Je cours de l'un à l'autre
Dans les herbes enflammées
D'un chemin sans lieu

La pluie est bleue
Le nuage est ocre

J'embrasse leur bouche blême
Dont l'haleine amère
Evite les promesses

La brume est cinabre
La marée est aurore

Qui se hâte de la boire
Goûtera aux vignes de sang
Mangera le pain des jours

L'automne est minuit
Novembre est cerise

De soir  en soir
J'avale leurs fruits
Froids comme un astre

Le rivage est nymphe
La rive est ébène

Les saisons se taisent
Au bord des temps
L'attente pénétrée de cachemire

Le fleuve est ivoire
Le ruisseau est lavande

Ce qui chante dans les camélias
La voix de la loi
Que le soleil édicte

La prairie est marine
Le champs est neige

Je porte la blessure
Aux sommets des heures
Près du ciel des roses

La fouine est jais
La hulotte est opale

Le lointain sous mes pieds
Transporte l'océan
Dans la solitude des nuits

Je me noie dans mon lit
Et sous la surface des draps
De petits poissons persans
Volent les rêves d'Eros

Mon corps souffre
Pour recevoir les traces du temps
Il y a pour moi encore
Un fragment d'être
Qui s'offre et apaise.







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