Le gel clôture la signification des choses
Par cette fatalité glacée
La feuille se sépare du monde
Pour s'immerger dans sa frigidité isolée
Les choses reviennent à leur essence froide
Epousant la fragilité de leur étendue stable
Elles refusent le dilemme du bourgeon
Et le néant du mouvement
Tout est clair dans l'hiver
Le grand givre des frontières nettes
En s'assoupissant
Dans la solitude froide de leur lit
Les cercles s'effacent
Seuls les centres se côtoient.
dimanche 16 novembre 2014
jeudi 13 novembre 2014
Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (51)
Les lisières ont le sens de l'instable
Elles empruntent à l'un et à l'autre
A la fois terre et eau, éveil et sommeil
Humbles de leur si peu d'être
Elles filent, claires et obscures
Entre les berges fermes des choses
Auxquelles elles prennent sans rien ôter
L'illusion de l'apparence
C'est pourquoi être où nous sommes
Est la question qui croît
Aux endroits ombragés des envers.
mardi 11 novembre 2014
Quatrain (1)
Il y a des poèmes féroces
Dans leur coupe
Ton visage grimaçant
Sous des voiles de jonquilles
*
Je t'offre un bouquet de mer
Où je n'ai pas navigué
Et un Royaume d'ambre
Où je n'ai jamais régné
*
L'oeil ne voit pas
La vision, c'est l'invisible
L'infini de Ce qui est
*
Les Adieux sont des rencontres
Des portes inoubliables
D'Onyx et de Jaspe
Et les villes qu'elles scellent
Enfin aimées.
Dans leur coupe
Ton visage grimaçant
Sous des voiles de jonquilles
*
Je t'offre un bouquet de mer
Où je n'ai pas navigué
Et un Royaume d'ambre
Où je n'ai jamais régné
*
L'oeil ne voit pas
La vision, c'est l'invisible
L'infini de Ce qui est
*
Les Adieux sont des rencontres
Des portes inoubliables
D'Onyx et de Jaspe
Et les villes qu'elles scellent
Enfin aimées.
dimanche 9 novembre 2014
Rumeurs des jours et de la Nuit (50)
Des fruits coulent un miel étrange
Leur nectar se répand dans les bouches
Les pêches gonflent leurs joues
Et le soleil caresse les fleurs d’anis
Un baiser de myrrhe embrase les vignes.
Les lèvres ont bu la grenade lactée
Et les vents du Sud ont dispersé
Les perles salées de la fontaine vermeille
Des doigts ont ceint la corole des
roses
De la couronne d’Eden.
Dans ce jardin aux arômes d’aloès
Dans ces vergers aux parfums de safran
Des troupeaux de fantômes inconnus
Rêvent du retour de la nuit
Au coeur de la nuit
Au coeur de la nuit
samedi 8 novembre 2014
Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (50)
L'ombre sur ton épaule
Et la mêlée des douleurs
Partout qui domine ton corps
Et ses râles pâles
Souffrances infécondes
Et leurs voiles royales, immenses
Et les perles et les rubis
Comme l'écume qu'elles glissent sous tes yeux
Sur cette mer sans naissance
Où ta soif s'éteint
Comme une faim qui se dévore
Les messages inconnus des horizons disparus
Que disent les choses lorsqu'elles sont mortes ?
L'agonie tue de ce qui vit
Et un enfant qui dort parmi ses ancêtres
Les détresses dont il est le fruit
Et quand sous les larmes
Où ton visage informe s'efface
Le temps bascule
Et le point se coud où plus rien ne bouge.
Et la mêlée des douleurs
Partout qui domine ton corps
Et ses râles pâles
Souffrances infécondes
Et leurs voiles royales, immenses
Et les perles et les rubis
Comme l'écume qu'elles glissent sous tes yeux
Sur cette mer sans naissance
Où ta soif s'éteint
Comme une faim qui se dévore
Les messages inconnus des horizons disparus
Que disent les choses lorsqu'elles sont mortes ?
L'agonie tue de ce qui vit
Et un enfant qui dort parmi ses ancêtres
Les détresses dont il est le fruit
Et quand sous les larmes
Où ton visage informe s'efface
Le temps bascule
Et le point se coud où plus rien ne bouge.
jeudi 6 novembre 2014
Rumeurs du Jour et la Nuit (49)
Tout est lumière, lumière dans la lumière
Même la nuit, même l'obscur
C'est le message du lumineux
Qui dit du noir qu'il est lui-même visible
*
Fais courir l'eau vive
Qu'elle ne soit que source
Et source de sources
Que le marais immobile devienne poussière
*
Ouvre sans cesse ce que tu as une fois ouvert
N'arrête ton chemin de peur de l'impasse
L'impasse sombre de toi-même
Où tu te pavanes en remuant la queue
*
L'au-delà existe
Au-delà de l'au-delà
Il refuse les quais déserts
Où tu complais ton attente
*
Prive-toi de toi-même
Sens alors la vie qui s'écoule
Comme si tu n'existais pas
Soudain le monde s'approche de toi et te veille
Même la nuit, même l'obscur
C'est le message du lumineux
Qui dit du noir qu'il est lui-même visible
*
Fais courir l'eau vive
Qu'elle ne soit que source
Et source de sources
Que le marais immobile devienne poussière
*
Ouvre sans cesse ce que tu as une fois ouvert
N'arrête ton chemin de peur de l'impasse
L'impasse sombre de toi-même
Où tu te pavanes en remuant la queue
*
L'au-delà existe
Au-delà de l'au-delà
Il refuse les quais déserts
Où tu complais ton attente
*
Prive-toi de toi-même
Sens alors la vie qui s'écoule
Comme si tu n'existais pas
Soudain le monde s'approche de toi et te veille
mardi 4 novembre 2014
Rumeurs des Jours et de la Nuit (48)
Le ciel est jaune
La terre est noire
Je me suspends entre les deux
Aux paupières closes
Des prairies de l'aube
Le vent est vert
La mer est rouge
Je cours de l'un à l'autre
Dans les herbes enflammées
D'un chemin sans lieu
La pluie est bleue
Le nuage est ocre
J'embrasse leur bouche blême
Dont l'haleine amère
Evite les promesses
La brume est cinabre
La marée est aurore
Qui se hâte de la boire
Goûtera aux vignes de sang
Mangera le pain des jours
L'automne est minuit
Novembre est cerise
De soir en soir
J'avale leurs fruits
Froids comme un astre
Le rivage est nymphe
La rive est ébène
Les saisons se taisent
Au bord des temps
L'attente pénétrée de cachemire
Le fleuve est ivoire
Le ruisseau est lavande
Ce qui chante dans les camélias
La voix de la loi
Que le soleil édicte
La prairie est marine
Le champs est neige
Je porte la blessure
Aux sommets des heures
Près du ciel des roses
La fouine est jais
La hulotte est opale
Le lointain sous mes pieds
Transporte l'océan
Dans la solitude des nuits
Je me noie dans mon lit
Et sous la surface des draps
De petits poissons persans
Volent les rêves d'Eros
Mon corps souffre
Pour recevoir les traces du temps
Il y a pour moi encore
Un fragment d'être
Qui s'offre et apaise.
La terre est noire
Je me suspends entre les deux
Aux paupières closes
Des prairies de l'aube
Le vent est vert
La mer est rouge
Je cours de l'un à l'autre
Dans les herbes enflammées
D'un chemin sans lieu
La pluie est bleue
Le nuage est ocre
J'embrasse leur bouche blême
Dont l'haleine amère
Evite les promesses
La brume est cinabre
La marée est aurore
Qui se hâte de la boire
Goûtera aux vignes de sang
Mangera le pain des jours
L'automne est minuit
Novembre est cerise
De soir en soir
J'avale leurs fruits
Froids comme un astre
Le rivage est nymphe
La rive est ébène
Les saisons se taisent
Au bord des temps
L'attente pénétrée de cachemire
Le fleuve est ivoire
Le ruisseau est lavande
Ce qui chante dans les camélias
La voix de la loi
Que le soleil édicte
La prairie est marine
Le champs est neige
Je porte la blessure
Aux sommets des heures
Près du ciel des roses
La fouine est jais
La hulotte est opale
Le lointain sous mes pieds
Transporte l'océan
Dans la solitude des nuits
Je me noie dans mon lit
Et sous la surface des draps
De petits poissons persans
Volent les rêves d'Eros
Mon corps souffre
Pour recevoir les traces du temps
Il y a pour moi encore
Un fragment d'être
Qui s'offre et apaise.
dimanche 2 novembre 2014
Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (49)
Il y a dans ma poitrine
Des oiseaux de tropique
Aux cils d'alouette
Comme tes yeux
Lorsque le vent souffle sous leurs ailes
Des citronniers géants
Aux lèvres d'océan
Comme ta bouche
Lorsqu'elle embrasse mon sommeil
Des mandragores de dunes
Aux figures changeantes
Comme ton visage
Lorsqu'il est source et reflet
Il y a dans ma poitrine
Des fossiles de sel
Aux silhouettes d'archange
Comme tes mots de nacre
Lorsque, le soir, ils reposent dans mes mains
Des fougères immobiles
Aux silences de givre
Comme tes silences obscurs
Lorsque ma besace se vide de tes baisers
De vastes fleuves
Aux estuaires en fleur
Comme ton corps
Lorsqu'il s'ouvre à la nuit
Il y a dans ma poitrine
Les frissons glacés
D'un vieillard qui vient
Et qui enterre son coeur.
Des oiseaux de tropique
Aux cils d'alouette
Comme tes yeux
Lorsque le vent souffle sous leurs ailes
Des citronniers géants
Aux lèvres d'océan
Comme ta bouche
Lorsqu'elle embrasse mon sommeil
Des mandragores de dunes
Aux figures changeantes
Comme ton visage
Lorsqu'il est source et reflet
Il y a dans ma poitrine
Des fossiles de sel
Aux silhouettes d'archange
Comme tes mots de nacre
Lorsque, le soir, ils reposent dans mes mains
Des fougères immobiles
Aux silences de givre
Comme tes silences obscurs
Lorsque ma besace se vide de tes baisers
De vastes fleuves
Aux estuaires en fleur
Comme ton corps
Lorsqu'il s'ouvre à la nuit
Il y a dans ma poitrine
Les frissons glacés
D'un vieillard qui vient
Et qui enterre son coeur.
Rumeurs des Jours et de la Nuit (47)
On perd la précision des formes
Et
les lignes qui cernaient les choses
Ont
quitté leur sillage
Entremêlées
dans les chastes entours
L’informe
a dégradé les significations du jour.
Seul
le proche témoigne encore
Du scrupule du net, de l’exact, du fidèle
Le
retrait du monde s’opère sans débâcle
Il
s’efface avec le flegme du grès et la paix
Fixe
la sève des vignes blanches.
Aussi
le drame se glace et
Le
chagrin s’empare des masques
La
perte de toute consistance,
La
dormance de la semblance
Comme
une distraction temporaire du faux.
Dans
ce brouillard, les voix se croisent
Sans
se voir,
Dans
cet effacement des lisières
Des
lèvres sans paroles naissent du deuil
Des
ventres magnétiques.
jeudi 30 octobre 2014
Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (48)
Trop souvent, comme une pierre définitivement
Galet caillou roche
Tu acquiesças à
l’engourdissement :
Un ralentissement d’abord,
Ensuite un rétrécissement de tes
intervalles
Tu devins objet, tu le voulus
La contraction anodine d’un être hors
délai
Comme une dernière goutte après la
pluie
Un amenuisement de ta sensibilité
Un retard saisonnier.
C’est pourquoi
L’infini devint ta tragédie et l’excuse
accordée
A l’aimante impotence de tes artifices
Lacis de détroits ensommeillés
Qui n’ouvraient que sur toi-même.
Ainsi, météore heimatlos
Seules des comètes aux turbans
incendiés
Enumèrent sur la surface sèche de ta
vie
Tous les efforts que tu fis
A ne pas être toi
Tu mets tant de soin à éviter
Tes prunelles éteintes
Comme le soir, les amoureux esquivent
Le remords de l'unité
En s’oubliant dans l’amour.
Il
y a si peu en toi...
Parfois, il a tant fallu d’astuces
Tant
d’épuisements vains,
Pour
écarter l’ignoble profusion
De tes paysages de misère.
De tes paysages de misère.
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