Tout au long des saisons
Comme
un flot de syllabes
Qui
arrive aux lèvres
De
mon cœur asséché
Tout
au long des saisons
Où
j’ai chanté de travers
Les
rumeurs sèches
Qui
assoiffaient mes joues
Tout
au long des saisons
Où
tout revient
Les
pertes et les gains
Et
le pendule qui va et vient
Tout
au long des saisons et des jours
Comme
des ruisselets d’heures
Qui
s’écoulent entre les branches
Où
se posent les grands cygnes noirs
A
rester là sans attendre
Sans
me savoir dans le jeu
Où
les coups claquent
Et
les fusils fument
Au
bord des saisons de verre
Les
paons du jour plantent
Dans
mes oreilles encombrées
Les
paroles muettes du vent d’avril
Et
j’ai vu Carthage aux filles faciles
Hamilcar
flottant sur ces éléphants blancs
Dans
ce verre de tourbe et d’alcool
Où
survivaient mes nuits blanches
Au
bord des saisons de verre
Qui
brûlent mon cœur glacé
Coulent
d’obscures pensées
Et
je suis sans force
Devant
l’aube qui meurt
Je n'oublierai pas ces lignes:
RépondreSupprimer"Tout au long des saisons et des jours
Comme des ruisselets d'heures
Qui s'écoulent entre les branches
Où se posent les grands cygnes noirs"...
C'est très beau et si désespéré... Pourtant ne pourrions-nous pas un peu, très futilement, tant pis, nous accorder l'illusion d'en être les humbles et très maladroits acteurs, de cette vie, et aussi de parfois la trouver belle, simplement belle?
La vie je ne sais pas si elle est belle, elle est à vivre, et dans cette vie ce qui nous traverse, ce qui nous traverse, ce qui me traverse (et me renverse) je dois le dire pour vibrer justement et ce noir, c'est aussi la vie, c'est le blues, la puissance du blues que j'aimerais tellement mieux dire.
SupprimerDis, Alma, merci pour ton non oubli, ça me va loin...
Almanito est moins bête que moi, qui suis clouée par l'émotion et ne sais pas trouver les mots...
RépondreSupprimerHé Michèle c'est pas un test de QI ici, n'oublie pas...j'aime bien que tu ne trouves pas les mots, moi non plus, les mots, je les trouve pas, ils sont tellement faibles devant l'incroyable et irrécusable fait d'exister (et la sensation indicible que cela nous procure)
SupprimerLa vie et l'émotion d'Eric Satie se retrouvent tout autant dans le texte que dans la musique. Belle union. Ce que l'on ne sait pas dire... on ne le dit pas. Tout art n'est jamais que tentative, essai et effort. On tourne autour du pot, sauf quand on trouve le goulot et qu'on tourne avec lui, en son intérieur, façonné par les mains d'un potier inexistant.
RépondreSupprimerEt c'est comme ça qu'on rentre chez soi, par le goulot...
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