vendredi 21 novembre 2014

Poèmes de l'Insignifiance (52)





Tout au long des saisons
Comme un flot de syllabes
Qui arrive aux lèvres
De mon cœur asséché

Tout au long des saisons
Où j’ai chanté de travers
Les rumeurs sèches
Qui assoiffaient mes joues

Tout au long des saisons
Où tout revient
Les pertes et les gains
Et le pendule qui va et vient

Tout au long des saisons et des jours
Comme des ruisselets d’heures
Qui s’écoulent entre les branches
Où se posent les grands cygnes noirs

A rester là sans attendre
Sans me savoir dans le jeu
Où les coups claquent
Et les fusils fument

Au bord des saisons de verre
Les paons du jour plantent
Dans mes oreilles encombrées
Les paroles muettes du vent d’avril

Et j’ai vu Carthage aux filles faciles
Hamilcar flottant sur ces éléphants blancs
Dans ce verre de tourbe et d’alcool
Où survivaient mes nuits blanches
Au bord des saisons de verre
Qui brûlent mon cœur glacé
Coulent d’obscures pensées
Et je suis sans force

Devant l’aube qui meurt

6 commentaires:

  1. Je n'oublierai pas ces lignes:
    "Tout au long des saisons et des jours
    Comme des ruisselets d'heures
    Qui s'écoulent entre les branches
    Où se posent les grands cygnes noirs"...
    C'est très beau et si désespéré... Pourtant ne pourrions-nous pas un peu, très futilement, tant pis, nous accorder l'illusion d'en être les humbles et très maladroits acteurs, de cette vie, et aussi de parfois la trouver belle, simplement belle?

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    1. La vie je ne sais pas si elle est belle, elle est à vivre, et dans cette vie ce qui nous traverse, ce qui nous traverse, ce qui me traverse (et me renverse) je dois le dire pour vibrer justement et ce noir, c'est aussi la vie, c'est le blues, la puissance du blues que j'aimerais tellement mieux dire.
      Dis, Alma, merci pour ton non oubli, ça me va loin...

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  2. Almanito est moins bête que moi, qui suis clouée par l'émotion et ne sais pas trouver les mots...

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    1. Hé Michèle c'est pas un test de QI ici, n'oublie pas...j'aime bien que tu ne trouves pas les mots, moi non plus, les mots, je les trouve pas, ils sont tellement faibles devant l'incroyable et irrécusable fait d'exister (et la sensation indicible que cela nous procure)

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  3. La vie et l'émotion d'Eric Satie se retrouvent tout autant dans le texte que dans la musique. Belle union. Ce que l'on ne sait pas dire... on ne le dit pas. Tout art n'est jamais que tentative, essai et effort. On tourne autour du pot, sauf quand on trouve le goulot et qu'on tourne avec lui, en son intérieur, façonné par les mains d'un potier inexistant.

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    1. Et c'est comme ça qu'on rentre chez soi, par le goulot...

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